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L’ADN de momies vieilles de 30 000 ans révèle des secrets génétiques des lions des cavernes

Une histoire évolutive complexe

— Tarakanbix / Shutterstock.com

S’étant éteints il y a environ 13 000 ans, les lions des cavernes comptaient assurément parmi les prédateurs les plus redoutables de l’ère glaciaire. De récents séquençages ont permis d’éclairer leur histoire évolutive complexe.

Des comparaisons révélatrices

Au total, 12 génomes de lions des cavernes, provenant d’Eurasie et d’Amérique du Nord et couvrant une période totale de 100 000 ans, ont été comparés à ceux de 20 lions modernes d’Afrique et d’Asie du Sud. Si une partie de l’ADN de ces grands félins disparus provenait de dents et d’os, il a également pu être extrait des tissus mous de deux dépouilles vieilles de 32 000 et 34 000 ans, conservées dans le pergélisol sibérien.

Des comparaisons étroites ont montré que ces fauves préhistoriques, plus musculeux et poilus que leurs parents actuels, s’étaient croisés à plusieurs reprises au cours de leur histoire commune, notamment lors des épisodes de bouleversements climatiques qui ont marqué la fin du Pléistocène.

« Les températures fluctuaient, entraînant l’expansion et la contraction des calottes glaciaires, ce qui a obligé de nombreuses populations animales à migrer, conduisant à leur isolement, ou, au contraire, à leur contact avec d’autres espèces proches », explique David Stanton, auteur principal de la nouvelle étude, publiée dans la revue Cell.

Sans surprise, les nouvelles données génétiques révèlent que les périodes plus froides ont poussé des groupes de lions des cavernes vers le sud. Comme c’est le cas pour de nombreux mammifères étroitement apparentés, le chevauchement de leurs aires de répartition avec celles des lions modernes d’Asie centrale et du Sud-Ouest s’est traduit par des croisements réguliers.

Héritage génétique discret

Au fil du temps et des générations, cet héritage génétique a été progressivement dilué chez les lions modernes. Selon Stanton, il représenterait aujourd’hui moins de 5 % de l’ADN de ces derniers. « La proximité évolutive des deux espèces le rend extrêmement difficile à détecter », note le chercheur.

Comme de nombreux grands prédateurs, le lion des cavernes s’est éteint à la fin de la dernière période glaciaire, à mesure que le climat se réchauffait, que les habitats changeaient et que les proies se faisaient rares. Pour ne rien arranger, il a probablement été lourdement affecté par l’expansion de nos ancêtres, qui ont rapidement exploité les ressources des environnements qu’ils colonisaient.

Les flux génétiques récemment identifiés indiquent que la population de lions d’Asie du Sud-Ouest avec laquelle les parents des lions des cavernes sibériens momifiés se sont croisés intensivement a elle-même été chassée jusqu’à l’extinction au début du XXe siècle.

Précédemment, des chercheurs avaient identifié les plus anciennes preuves de la présence de lions des cavernes dans le sud de l’Europe.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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