
De nouveaux clichés montrent qu’une immense tache sombre, dans une région bien connue de Mars, continue à gagner rapidement du terrain. À ce stade, le mécanisme exact à l’origine de ce phénomène reste discuté.
Tache martienne géante
Cette caractéristique intrigante se cache dans l’hémisphère nord martien, plus précisément au sein d’Utopia Planitia. S’étendant sur plus de 3 000 kilomètres, cette vaste plaine a été le théâtre d’une importante activité volcanique il y a des millions d’années, bien avant que notre voisine ne soit considérée comme « géologiquement morte ».
On doit les premières images de la « tache géante » de Mars aux sondes Viking de la NASA, qui l’avaient photographiée peu après leur arrivée sur la planète rouge en 1976. Au fil des dernières décennies, celles prises par différents orbiteurs ont permis de préciser son évolution. Publiés il y a quelques jours, les derniers en date proviennent de la sonde Mars Express.
D’après les calculs de l’Agence spatiale européenne, les bords sud de cette caractéristique constituée de cendres et de roches volcaniques, telles que l’olivine et le pyroxène, se sont déplacés d’environ 320 kilomètres dans cette direction depuis la fin des années 1970. Soit une extension d’environ 6,5 kilomètres par an.
S’il semble que son évolution soit essentiellement liée aux puissantes bourrasques qui battent la surface de Mars, deux hypothèses sont actuellement envisagées pour expliquer cette dispersion. « Soit elles ont été emportées par les vents martiens, soit la poussière ocre qui recouvrait auparavant les cendres sombres a été balayée », explique le communiqué, précisant qu’à ce stade, aucun élément ne permet d’appuyer l’un ou l’autre de ces scénarios.

Une région étudiée de près
Depuis les analyses pionnières menées par Viking 2 à la fin des années 1970, Utopia Planitia a continué d’être étudiée de près.
Récemment, les observations réalisées par le rover chinois Zhurong entre 2021 et 2023 ont suggéré que cette région martienne était autrefois recouverte d’un gigantesque océan, avec notamment des vestiges d’un ancien littoral, ainsi que les signes de profonds bouleversements climatiques il y a environ 400 000 ans.
Considérées comme certaines des caractéristiques géologiques les plus étranges de la planète, des fissures géantes appelées grabens constitueraient les stigmates d’une ancienne activité tectonique. On suppose que ses sols abritent également de grandes quantités de glace, en faisant une cible privilégiée pour la recherche de traces de vie extraterrestre.
L’an passé, des chercheur avaient résolu un autre mystère martien tenace : l’origine du nuage de 1 800 kilomètres de long se formant près de l’équateur de la planète rouge.