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Grâce au télescope James Webb, les astronomes sondent enfin la géologie d’une exoplanète située à 49 années-lumière de la Terre

Grâce au télescope James Webb, les astronomes observent directement la surface d’une exoplanète rocheuse située à 49 années-lumière. Cette prouesse permet enfin d’étudier la composition géologique d’un monde lointain, resté inaccessible pendant des décennies aux instruments.

Illustration réaliste de l’exoplanète rocheuse LHS 3844b chauffée par son étoile, avec une surface volcanique sombre et incandescente observée dans l’espace profond.
Vue artistique réaliste de LHS 3844b, une exoplanète rocheuse ultra-chaude étudiée par le télescope spatial James Webb grâce à sa signature thermique infrarouge – DailyGeekShow.com / Image Illustration

LHS 3844b, une planète verrouillée où la roche fond sous une chaleur permanente

LHS 3844b n’a rien d’un monde accueillant. Cette exoplanète rocheuse, située à 49 années-lumière de la Terre, tourne si près de son étoile qu’une année complète y dure seulement onze heures. Sur sa face éclairée, les températures dépassent les 700°C, transformant le paysage en véritable fournaise minérale.

Sa proximité avec son étoile reste difficile à imaginer. LHS 3844b orbite à moins d’un million de kilomètres de cet astre, soit une distance minuscule à l’échelle cosmique. Comme beaucoup de planètes ultra-proches, elle présente toujours la même face à son étoile, laissant un côté plongé dans un jour éternel pendant que l’autre reste figé dans une nuit glaciale.

Depuis sa découverte en 2019, cette planète intrigue fortement les astrophysiciens. Non pas parce qu’elle pourrait abriter la vie, mais parce qu’elle représente un exemple idéal pour comprendre la formation des mondes rocheux hors du Système solaire. Jusqu’ici, leur surface restait presque totalement inaccessible aux instruments modernes.

Le télescope James Webb capte la signature thermique d’une surface située à 49 années-lumière

Observer une exoplanète rocheuse aussi lointaine relevait déjà de l’exploit. Pourtant, le télescope spatial James Webb, développé par la NASA, l’ESA et l’Agence spatiale canadienne, vient de franchir une nouvelle étape. Les chercheurs ont utilisé un instant très précis : le moment où LHS 3844b disparaît brièvement derrière son étoile.

Juste avant cette disparition, le JWST capte la faible lueur infrarouge émise par la planète chauffée à blanc. Une fois cachée, cette signature thermique s’éteint brutalement. Grâce à l’instrument MIRI, les scientifiques décomposent ensuite cette lumière afin d’identifier les matériaux présents à la surface. Cette méthode permet presque de lire la composition géologique d’un monde situé à des milliers de milliards de kilomètres.

Une croûte sombre et sans atmosphère qui évoque les paysages les plus anciens de la Lune

Les données publiées dans la revue Nature Astronomy révèlent une surface extrêmement sombre. Les analyses pointent vers des roches pauvres en silice, proches des basaltes observés sur la Lune ou dans certaines régions volcaniques terrestres. Cette noirceur pourrait révéler une croûte ancienne, exposée depuis des milliards d’années au rayonnement intense de son étoile.

Au fil du temps, les micrométéorites et le vent stellaire modifient lentement les roches exposées. Ce phénomène, appelé altération spatiale, assombrit progressivement les terrains. Les instruments du James Webb n’ont détecté ni dioxyde de carbone ni dioxyde de soufre, deux gaz souvent associés à une activité volcanique récente sur les planètes rocheuses.

Tout indique donc un monde géologiquement figé, sans véritable atmosphère protectrice. La surface semble directement exposée au rayonnement violent de son étoile, sans couche gazeuse capable d’atténuer la chaleur ou les particules énergétiques. Pour les chercheurs, cette absence d’atmosphère constitue presque une chance, car elle permet d’observer les roches sans filtre.

La géologie des exoplanètes devient enfin une réalité scientifique observable

Cette découverte dépasse largement le cas de LHS 3844b. Jusqu’à présent, les exoplanètes étaient surtout étudiées à travers leurs atmosphères, leurs températures ou leur taille. Désormais, les astronomes commencent à accéder à leur géologie, ouvrant la voie à une comparaison directe entre différentes surfaces rocheuses situées bien au-delà du Système solaire.

D’autres mondes similaires pourraient bientôt être étudiés avec la même méthode. Les scientifiques espèrent identifier d’anciennes mers de lave, comprendre pourquoi certaines planètes perdent leur atmosphère ou détecter des croûtes plus jeunes liées à une activité interne. Une idée longtemps réservée à la science-fiction devient progressivement une réalité scientifique observable.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

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