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Un fossile oublié de cette étrange créature australienne résout un mystère paléontologique tenace

Un lointain parent géant de l’ornithorynque

— © Chris Edser / CC-BY

L’étude d’un fossile mis au jour il y a plus d’un siècle dans une grotte du sud-est de l’Australie a confirmé que des échidnés géants arpentaient autrefois cette section de l’île-continent.

L’échidné géant d’Owen

Aujourd’hui observés en Australie et en Nouvelle-Guinée, les échidnés sont reconnaissables à leur silhouette rondouillarde, pouvant rappeler superficiellement celle d’un hérisson, et leur long museau. Comme l’ornithorynque, ces créatures singulières appartiennent à l’ordre des monotrèmes, ou « mammifères pondeurs ».

Les échidnés actuels peuvent mesurer jusqu’à 75 centimètres de long, mais il y a 2,5 millions d’années, cette partie du globe accueillait des espèces bien plus massives, parmi lesquelles l’échidné géant d’Owen (Megalibgwilia owenii), qui pouvait dépasser le mètre et peser une quinzaine de kilos.

Comme les autres représentants de la mégafaune préhistorique australienne, parmi laquelle figuraient notamment le kangourou à face courte Simosthenurus occidentalis et le marsupial Palorchestes azael, il s’est éteint au cours du Pléistocène.

Si, au fil des décennies, les paléontologues avaient découvert des restes fossilisés de la créature dans une grande partie de l’Australie continentale, ainsi que sur l’île de Tasmanie, jusqu’à présent, il n’existait aucune preuve avérée de la présence de M. owenii dans l’État de Victoria. Exhumé en 1907 de la « Foul Air Cave », réputée pour son odeur âcre et ses nombreux témoignages de la mégafaune locale, un fragment de crâne redécouvert en 2021 a été attribué à cet échidné géant.

— © Museums Victoria / CC-BY

Un fossé géographique comblé

Intrigué par la forme inhabituelle du fossile, provenant des archives des Musées Victoria, Tim Ziegler a décidé d’approfondir ses recherches. Les comparaisons de ses scans 3D à ceux d’échidnés modernes et disparus provenant de toute l’Australie ont par la suite permis de confirmer qu’il s’agissait bel et bien de M. owenii.

Une telle découverte permet essentiellement de combler un fossé de près de 1 000 kilomètres dans l’aire de répartition géographique de l’espèce.

« Il y a plus d’un siècle, le naturaliste Frank Spry, accompagné de scientifiques et d’habitants de la région, a exploré les grottes de Buchan avec pour seuls outils des cordes et des lampes à pétrole », écrivent les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Alcheringa. Présentés comme la continuation de leur œuvre, ces nouveaux travaux soulignent l’importance du réexamen de spécimens de musée.

Précédemment, une dalle vieille de 355 millions d’années découverte en Australie avait largement repoussé l’origine des reptiles.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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