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Un réseau de routes tentaculaire, vieux de près de 3 000 ans, découvert en Amazonie

Il contribue à éclairer l’histoire des premières civilisations de la région

— Gustavo Frazao / Shutterstock.com

L’imagerie satellite a révélé un maillage complexe de voies anciennes dans le sud-ouest de l’Amazonie. Remontant dans certains cas à plusieurs millénaires, elles reliaient des établissements humains et des sites cérémoniels.

350 kilomètres de voies anciennes

Ces travaux se sont concentrés sur une zone de 134 400 kilomètres carrés, à cheval sur le Brésil et la Bolivie. Au total, les chercheurs ont identifié les vestiges de près d’un millier de routes. Affichant une longueur cumulée de près de 350 kilomètres, elles contribuent à éclairer l’histoire des premières sociétés complexes de la région.

Les datations au radiocarbone situent la construction des plus anciennes à partir de 763 avant notre ère. Une seconde vague a débuté vers 1200 de notre ère, coïncidant essentiellement avec l’apparition des premiers villages construits sur des tertres artificiels, visant à réduire le risque d’inondation.

« Ces 955 voies anciennes étaient à la fois remarquablement rectilignes et minutieusement organisées, ce qui suggère l’implication de sociétés dotées d’un solide savoir-faire technique », écrivent les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Latin American Antiquity. Mesurant moins de 500 mètres de long, la plupart des sections identifiées possédaient par ailleurs des bords surélevés.

Géoglyphe quadrilatéral bordé par trois voies. L’encadré révèle son emplacement (en bleu) ainsi que ceux des vestiges du réseau routier identifié (en rouge) — © Kalliola et al. / Latin American Antiquity 2026

Fonction pratique et dimension spirituelle

Associés à la culture Aquiry, les exemples les plus anciens présentaient un arrangement en rayons et menaient dans de nombreux cas à des géoglyphes. Souvent alignées sur les points cardinaux, ces routes suggèrent un lien possible entre ces grands motifs gravés dans le sol et des observations astronomiques.

Nettement plus étroites, les routes partant des villages surélevés auraient rempli des fonctions plus concrètes. En reliant ces établissements, elles auraient facilité le transport de biens. Dans 40 % des cas, elles menaient à des rivières, ce qui suggère des activités centrées sur l’exploitation des ressources aquatiques.

Le fait que la majorité des routes restantes s’évanouissent dans la forêt suggère qu’elles menaient autrefois à des terres agricoles, ou qu’elles avaient une fonction plus spirituelle. « Elles auraient ainsi pu symboliser la transition vers des zones associées à certaines espèces animales au cœur des croyances locales ou des esprits », précise l’étude.

Il y a deux ans, un vaste réseau de cités vieilles de 2 500 ans avait déjà été découvert en Amazonie.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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