Sur l’île de Pâques, un moai inconnu vient d’être mis au jour dans le lit asséché d’un lac. Cette découverte surprend les chercheurs et ravive l’intérêt scientifique pour ce site majeur du Pacifique. Des analyses sont déjà prévues pour en percer les secrets.

À Rano Raraku, la découverte d’un moai dans un lac asséché ouvre une nouvelle phase de fouilles
Des archéologues ont exhumé une statue jusque-là inconnue dans le lac asséché de Rano Raraku, carrière historique des moai. Cette zone concentre déjà de nombreux vestiges. Pourtant, cette trouvaille prouve que le site recèle encore des surprises majeures.
Les chercheurs envisagent désormais de nouvelles fouilles ciblées. Ils espèrent identifier d’autres statues enfouies ainsi que des outils anciens liés à leur fabrication. Par ailleurs, des analyses au radiocarbone doivent permettre de dater précisément ce moai récemment découvert.
Un moai plus petit que les autres, mais porteur d’une forte valeur symbolique pour la communauté locale
Cette statue se distingue par sa taille plus modeste que les près de mille autres moai recensés sur l’île. Certaines atteignent dix mètres de hauteur et pèsent jusqu’à 80 tonnes. Toutefois, ses dimensions réduites ne diminuent en rien son importance.
Les spécialistes rappellent que ces figures représentent les ancêtres divinisés du peuple Rapa Nui. Sculptées dans de la cendre volcanique solidifiée, elles ont été érigées entre 1300 et 1600. Beaucoup reposent sur des plateformes appelées ahu et tournent le dos à l’océan.
De plus, seules leurs têtes restent souvent visibles, leurs torses demeurant enfouis sous terre. Certaines statues portent des pierres rouges nommées pukao, qui symbolisent probablement une coiffe ou un chignon. Chaque détail nourrit l’étude des croyances et de l’organisation sociale anciennes.
Une découverte jugée majeure par l’organisation Ma’u Henua qui administre le parc national
Pour les représentants de l’organisation autochtone Ma’u Henua, qui gère le site, cette trouvaille revêt une dimension particulière. Selon eux, personne ne connaissait l’existence de cette statue dans le lac. La surprise touche aussi les habitants et leurs aînés.
L’île de Pâques, territoire chilien isolé à plus de 3 500 kilomètres du continent, compte environ 8 000 habitants. Classée parc national et inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, elle bénéficie d’un statut de protection renforcé.
Entre érosion côtière, incendies récents et montée des eaux, les moai affrontent des menaces croissantes
Si les moai fascinent depuis leur découverte par les Européens au XVIIIe siècle, ils subissent aujourd’hui des pressions multiples. L’érosion côtière fragilise plusieurs plateformes. La montée des eaux accentue ces risques sur le littoral exposé.
En octobre dernier, un incendie a ravagé environ 250 hectares et causé des dommages irréversibles à plusieurs statues. Ces événements rappellent la vulnérabilité du site face aux phénomènes climatiques extrêmes et aux activités humaines.
Enfin, l’exposition permanente au vent, à la pluie et au sel accélère l’usure naturelle de la pierre. Les lichens participent aussi à la détérioration progressive des surfaces sculptées. Les autorités multiplient donc les mesures de protection du patrimoine pour préserver ces monuments uniques.
Par Eric Rafidiarimanana, le
Étiquettes: île de Pâques, statues moai
Catégories: Actualités, Histoire