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Par la simple force de votre poignée de main, les scientifiques peuvent prédire la dégradation de votre santé

une-poignee-main-force La vigueur de la poignée de main peut prédire des maladies via Shutterstock

Aujourd’hui, la poignée de main est un geste de courtoisie que l’on répète régulièrement et presque inconsciemment. Pourtant il semble qu’elle cache en réalité bien des secrets. C’est en tout cas ce que dévoile une étude menée par le chercheur Darryl Leong de l’Université McMaster d’Hamilton au Canada. En effet, selon ses recherches, la manière dont un individu sert la main permettrait de prédire de nombreuses choses sur sa santé à venir telles que les risques de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral (AVC). SooCurious vous en dit plus sur ce rapport étonnant.

Virile, délicate ou molle, la vigueur de la poignée de main en dit beaucoup plus que ce que l’on ne pourrait croire selon le rapport de l’étude de l’Université McMaster qui suggère qu’elle pourrait prédire les risques de crise cardiaque et d’AVC. Parue dans la revue « The Lancet », les recherches dirigées par Darryl Leong ont été menées sur plus de 140 000 cobayes âgés de 35 à 70 ans et venant de 17 pays différents. Une étude d’envergure internationale donc. Ces 140 000 personnes ont toutes été suivies pendant quatre ans dans le but d’établir un lien entre la façon de serrer la main et l’apparition de certaines maladies telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires, les cancers ou les décès prématurés. « La force de la poignée de main pourrait être un test facile et bon marché pour évaluer les risques de décès et risques de maladies cardiovasculaires », explique Darryl Leong.

Ainsi, les chercheurs ont étudié la force de la poignée de main de chaque cobaye à l’aide d’une machine spéciale : le dynamomètre à poignée. Il en ressort une corrélation étonnante entre la mollesse de la poignée de main et le risque de décès, quelle que soit la cause. Et lorsque l’on prend en compte des facteurs tels que l’âge, la consommation de tabac ou d’alcool, le lien existe toujours. Pour être plus précis, une baisse de 5 kg de la vigueur de la poignée de main augmenterait les risques de mourir de manière précoce de 16 %, d’avoir une crise cardiaque de 7 % et d’être victime d’un accident vasculaire cérébral de 9 %.

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La force de la poignée de main a été mesurée via Shutterstock

« La force de préhension est un indicateur puissant et simple de maladie à venir, de morbidité et de mortalité. L’idée n’est pas nouvelle (…). Mais la perte de force de préhension pourrait être un bon marqueur du processus de vieillissement, peut-être à cause de la rareté des maladies musculaires qui modifient cette fonction », expliquent deux spécialistes, Avan Aihie Sayer (Université de Southampton) et Thomas Kirkwood (Université de Newcastle). Toujours selon les dires évoqués dans The Lancet, « le test de vigueur de la poignée de main est un indice plus fiable que la pression artérielle systolique pour prédire la mort prématurée ».

Ces observations, qui avaient été réalisées pour la première fois en 1999, entrevoyaient déjà un lien entre la force de préhension de la main et le handicap. Cette nouvelle étude ajoute donc une nouvelle liste d’éléments observés relatifs à des corrélations inquiétantes entre la manière de serrer la main et les risques de développer de graves soucis de santé.

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Le test de vigueur de la poignée de main serait extrêmement fiable via Shutterstock

Pour autant, il ne s’agit là que d’une étude observationnelle qui n’aboutit à aucune certitude. En outre, certains éléments induisent un doute sur la fiabilité de certaines observations. C’est le cas, par exemple, des fumeurs et buveurs d’alcool qui aurait déjà, au départ, une force de préhension plus élevée. Un fait qui va donc à l’encontre des recherches précédemment évoquées. Enfin, il est évident que si vous effectuez une poignée de main en tant que geste de salutation, de reconnaissance sociale, vous ne chercherez pas à forcer. Au contraire, lorsqu’il s’agit de tester la force de préhension de la main comme l’indique l’étude, on peut facilement imaginer que les cobayes aient cherché à forcer au maximum, ce qui ne représente donc pas une réelle poignée de main comme chacun l’entend.

Cette étude est étonnante. Même si ces résultats sont à prendre avec des pincettes, ils constituent une nouvelle avancée dans la prévention de certaines maladies graves à l’instar des cancers ou des maladies cardiovasculaires. Seriez-vous prêt à croire votre médecin s’il vous diagnostiquait une maladie rien qu’en vous serrant la main ?

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