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Des chercheurs ont découvert les plus anciennes traces de vie sur Terre en Australie

Et si tout ce que nous savions sur l’origine de la vie était remis en question ? Jusqu’à présent la majorité de la communauté scientifique s’accordait pour dire que la vie était apparue dans les océans. Pourtant, des fossiles vieux de 3,5 milliards d’années retrouvés dans d’anciennes sources chaudes suggèrent la potentielle origine terrestre de la vie. Cette découverte déconcertante risque également de transformer la recherche de la vie extraterrestre.

Où la vie est-elle née sur Terre ?

Au XIXe siècle, Darwin pensait que la vie était apparue dans de petits étangs d’eau chaude, ce qui correspondrait aux alentours de sources chaudes d’origine volcanique situées sur la terre ferme. Mais dernièrement, on leur préférait l’hypothèse des cheminées hydrothermales du plancher océanique. Pourquoi ?

Jusqu’à présent, on n’avait pas trouvé de preuves de vie près des sources d’eau chaude remontant à plus de 400 millions d’années. De même, si certains microbes fossilisés ont été détectés à la surface de la Terre, ils dataient « seulement » de 2,7-2,9 milliards d’années. Or, nous savons aujourd’hui, grâce aux horloges moléculaires et aux fossiles marins, que la vie sur Terre est apparue il y a environ 4 milliards d’années.

La découverte de Tara Djokic, doctorante à l’Université de Nouvelles-Galles du Sud en Australie, vient remettre en question l’hypothèse des cheminées océaniques. En effet, des fossiles de micro-organismes datant de 3,5 milliards d’années ont été retrouvés par son équipe dans les roches d’un ancien volcan. Composés de stromatolites, les fossiles témoignent de l’existence d’anciens signes de vie. Si Tara Djokic ne prouve pas que la vie provient des sources d’eau chaude, elle repousse tous les arguments qui fragilisaient sa théorie.

Les conséquences sur la recherche martienne

En 2020, une expédition sur Mars sera consacrée à la recherche de traces de vie. Trois sites d’atterrissage sont proposés. L’un d’eux, Colombia Hills présente des traces d’anciennes sources chaudes. La découverte de Tara Djokic pourrait bien faire pencher la balance de ce côté car, souligne-t-elle, « si des traces de vie aussi anciennes peuvent être conservées dans les sources chaudes terriennes, il y a de fortes chances pour qu’elles le soient aussi dans les sources martiennes ».

Si ces sources chaudes sont bien le lieu de naissance de la vie, alors les recherches sur des lunes recouvertes d’une couche de glace dissimulant un océan avec des cheminées hydrothermales hors du système solaire pourraient s’avérer inutiles…

La geysérite ou la preuve ultime

Comment Tara Djokic a-t-elle su que les sources qu’elle étudiait n’étaient pas immergées dans l’océan, mais bien à l’air libre ? C’est parce que les fossiles retrouvés par son équipe ont été préservés dans des geysérites, un minéral qui ne se retrouve que près de l’eau douce. Elle se forme lorsque des fluides riches en silice entrent en contact avec l’eau. Jusqu’à présent, la plus ancienne geysérite découverte ne dépassait pas les 400 millions d’années, mais la découverte des fossiles repousse de 3 milliards d’années l’apparition de la vie dans les sources thermales.

Le professeur Martin Van Kranendonk, co-auteur de la publication parue dans Nature Communication, souligne que « cela montre que, tôt dans l’histoire de la Terre, il existait déjà des formes de vie variées sur la terre ferme, dans l’eau douce ». On ne sait pas grand-chose du mode de vie de ces formes primitives, mais Tara Djokic suggère qu’elles vivaient sans la lumière du soleil, grâce à l’environnement chimique propre à la source d’eau chaude.

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