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Windows 10 : votre PC ne va pas s’arrêter demain, et voici ce qu’il faut décider quand même

Demain, mardi 13 octobre, Microsoft publie le dernier lot de correctifs de sécurité pour les PC sous Windows 10 inscrits au programme d’extension grand public. C’est aussi le deuxième mardi du mois le rendez-vous habituel des mises à jour. La coïncidence est fortuite et elle est symbolique : la dernière mise à jour tombe le jour où elle devait tomber.

Commençons par ce qui ne va pas se passer, parce que c’est ce qui inquiète le plus. Votre ordinateur ne va pas s’éteindre. Il ne va pas refuser de démarrer, ni afficher un écran de blocage, ni perdre sa licence. Mercredi matin, il fonctionnera exactement comme mardi soir. Vos logiciels s’ouvriront, vos fichiers seront là, votre imprimante imprimera. Aucun compte à rebours ne se déclenche.

Ce qui change est invisible : à partir de mercredi, les failles de sécurité découvertes dans Windows 10 ne seront plus corrigées sur ces machines. C’est une dégradation progressive, pas une panne. Nous avons détaillé le mécanisme complet et les quatre options chiffrées dans notre dossier sur la fin des mises à jour de Windows 10 ; ce qui suit est la version pour celui qui n’a encore rien fait et se demande ce qui compte dans les jours qui viennent.

Réponse courte : rien n’est urgent cette semaine. Mais trois décisions méritent d’être prises avant la fin de l’année, et une arnaque prévisible va frapper d’ici quinze jours.

Ce qui se passe réellement demain, et mercredi

Pour fixer les idées, voici la séquence exacte sur les trois jours qui viennent.

Mardi 13 octobre. Windows Update propose un dernier lot de correctifs. Il faut l’installer : ce sont les dernières failles qui seront jamais bouchées sur cette machine, et certaines d’entre elles sont connues publiquement depuis des semaines. Laisser ce lot de côté serait la seule vraie erreur de la semaine.

Mercredi 14 octobre. Rien. Aucun message, aucun changement d’interface, aucune fonction retirée. Selon les configurations, un rappel peut apparaître dans les paramètres de Windows Update, et la mention du programme d’extension disparaît. C’est tout ce qui est visible.

Les semaines suivantes. Les mardis de correctifs continuent pour Windows 11. Une partie des failles corrigées là concerne du code partagé avec Windows 10, et la publication du correctif indique précisément où chercher. C’est le vrai mécanisme de dégradation : non pas une faille qui s’ouvre, mais une carte qui se dessine. Le délai entre la publication d’un correctif et l’apparition d’un code d’exploitation se compte en semaines pour les failles intéressantes.

Une dernière vérification utile ce soir : assurez-vous que votre machine est bien inscrite au programme d’extension, sinon elle a déjà cessé de recevoir des correctifs depuis octobre 2025. Dans les paramètres de Windows Update, une mention explicite l’indique. Beaucoup de PC n’ont jamais été inscrits et leurs propriétaires l’ignorent pour ceux-là, l’échéance de demain ne change rien, elle est passée il y a un an.

Les quatre questions, dans l’ordre

Question 1 : mon PC peut-il passer à Windows 11 ?

C’est la seule question qui compte vraiment, parce qu’elle détermine tout le reste. La mise à niveau est gratuite pour une licence Windows 10 valide, et elle referme le sujet pour plusieurs années.

La vérification prend deux minutes. Appuyez sur les touches Windows et R simultanément, tapez tpm.msc et validez : une fenêtre s’ouvre et indique la version de la puce de sécurité. Si elle affiche 2.0, le premier critère est rempli. Tapez ensuite msinfo32 dans la même fenêtre et cherchez la ligne « État du démarrage sécurisé ». Vérifiez enfin le processeur dans les Paramètres, section Système puis Informations système : il faut un Intel de 8e génération ou plus récent, ou un AMD Ryzen 2000 ou plus récent.

Le piège, et il concerne beaucoup de machines de 2017 à 2019 : la puce est souvent présente mais désactivée en usine. Elle s’appelle « PTT » chez Intel et « fTPM » chez AMD, dans les réglages du BIOS. Un PC déclaré incompatible par l’outil officiel de Microsoft peut donc devenir compatible après un simple passage dans ces réglages. Ça vaut la peine de vérifier avant de conclure au remplacement c’est l’erreur la plus coûteuse de ce dossier.

Question 2 : si oui, faut-il migrer demain ?

Non, et surtout pas dans la précipitation. Une migration réussie suppose une sauvegarde faite avant, 64 Go d’espace libre, et une à deux heures devant soi sans urgence. Faites-la ce week-end, ou le suivant. Rien dans les quinze jours qui viennent ne justifie de lancer une mise à niveau système un mardi soir.

L’ordre est : sauvegarder les documents sur un disque externe, vérifier que vous connaissez les mots de passe de vos logiciels importants, puis lancer la mise à niveau via Windows Update ou l’assistant d’installation officiel.

Question 3 : si non, est-ce que je dois agir tout de suite ?

Non. Et cette réponse mérite d’être dite clairement, parce que beaucoup de monde va vous dire le contraire dans les jours qui viennent, souvent pour vous vendre quelque chose.

Une machine sans correctifs ne devient pas dangereuse du jour au lendemain. Le risque s’accumule au rythme des failles publiées, ce qui se compte en mois. Un PC sous Windows 10 en novembre 2026 n’est pas significativement plus exposé qu’en septembre. En novembre 2027, si.

Donnez-vous une échéance six mois, un an plutôt que de laisser filer sans date. C’est la différence entre un remplacement choisi et un remplacement subi.

Question 4 : que faire en attendant ?

Six règles, détaillées dans la section suivante. Elles prennent une demi-heure à mettre en place et couvrent la plus grande part du risque réel.

Les six règles si vous restez sur Windows 10

1 · Gardez le navigateur à jour, c’est le plus important. La très grande majorité des attaques qui touchent un particulier arrive par le navigateur ou par une pièce jointe, pas par une faille du système. Microsoft maintient Edge et son moteur de rendu sur Windows 10 jusqu’en octobre 2028, et les signatures de son antivirus intégré également. Vérifiez une fois que les mises à jour du navigateur sont automatiques, et c’est réglé.

2 · N’utilisez pas un compte administrateur au quotidien. La plupart des installations familiales fonctionnent avec un seul compte, qui a tous les droits. Créez un second compte sans droits d’administrateur et utilisez-le pour l’usage courant. La majorité des logiciels malveillants grand public échouent simplement parce qu’ils ne peuvent pas s’installer.

3 · Sauvegardez ailleurs que sur cette machine. Un disque externe à 60 €, branché une fois par mois, suffit. Ce n’est pas une précaution contre Windows 10 : c’est la précaution qui vous sauve de tout le reste, panne de disque comprise.

4 · Faites les opérations sensibles depuis un appareil à jour. Banque en ligne, impôts, achats : si vous avez un téléphone ou une tablette récents, c’est là qu’il faut les faire. Ce n’est pas une interdiction d’utiliser le PC, c’est un transfert gratuit du risque vers l’appareil le mieux protégé de la maison.

5 · Désinstallez ce qui ne sert plus. Chaque logiciel installé est une porte potentielle, et les plus anciens sont les plus vulnérables. Les lecteurs PDF alternatifs, les utilitaires téléchargés une fois en 2019, les barres d’outils de navigateur : tout ce qui n’a pas servi depuis un an peut partir.

6 · Fixez une date. Écrivez-la quelque part. « Avant l’été », « avant les impôts », peu importe mais une date. Les machines qui finissent par poser un problème sont celles dont personne n’a jamais décidé quoi faire.

Les trois arnaques qui vont suivre, et elles sont prévisibles

Chaque fin de support produit sa vague d’escroqueries, et celle-ci sera importante parce que l’échéance a été très médiatisée. Voici les trois scénarios à attendre dans les semaines qui viennent.

Le faux appel du support technique. Un interlocuteur se présente comme technicien Microsoft, annonce que votre Windows n’est plus protégé ce qui est partiellement vrai, et c’est précisément ce qui rend l’appel crédible et propose de « sécuriser » la machine à distance. Il demandera d’installer un logiciel de prise en main à distance, puis des coordonnées bancaires.

La règle est absolue et sans exception : Microsoft n’appelle jamais un particulier. Ni pour une mise à jour, ni pour une faille, ni pour une licence. Un appel qui prétend venir de Microsoft est frauduleux, quel que soit le numéro affiché l’usurpation du numéro d’appel a progressé de plus de 500 % en un an.

La fausse alerte dans le navigateur. Une page qui s’ouvre, un bandeau rouge, un compte à rebours, un numéro de téléphone à appeler « avant que vos fichiers soient perdus ». Aucun système d’exploitation n’affiche d’alerte de sécurité dans une page web. Fermez l’onglet ; si la page refuse de se fermer, fermez le navigateur par le gestionnaire des tâches.

Le faux outil de mise à niveau gratuite. Des sites proposeront des utilitaires pour « installer Windows 11 sur votre PC incompatible » ou « prolonger les mises à jour de Windows 10 ». Certains sont des projets techniques sincères, beaucoup sont des logiciels malveillants, et aucun ne se distingue de l’autre à l’œil nu. La seule source légitime pour une mise à niveau est le site de Microsoft, adresse tapée à la main.

Ces trois scénarios reposent sur le même ressort que les campagnes que nous avons décortiquées dans notre analyse des techniques de piratage et dans notre dossier sur les faux SMS : une échéance réelle, une urgence inventée, et une action irréversible demandée dans la minute.

Ce qui continue d’être mis à jour, malgré tout

Un point qui rassure et que presque personne ne connaît : l’arrêt ne concerne que le système lui-même. Plusieurs briques restent maintenues sur Windows 10 jusqu’en octobre 2028 l’antivirus intégré et ses signatures, le navigateur Edge et son moteur, et les applications bureautiques de Microsoft.

Ça ne compense pas l’absence de correctifs système : une faille dans le noyau reste une faille dans le noyau. Mais ça signifie qu’une machine Windows 10 en 2027 n’est pas dans la situation d’un Windows 7 abandonné en 2020, où tout cessait en même temps. La dégradation est plus lente et plus gérable qu’on ne le dit.

Si vous décidez de remplacer

Deux remarques seulement, le sujet étant traité en détail ailleurs.

Pour un poste fixe, le mini PC est aujourd’hui le meilleur rapport encombrement/prix/consommation : un boîtier de la taille d’un livre, un processeur de portable récent, et des prix qui démarrent autour de 250 € en gardant l’écran, le clavier et la souris existants. Le critère qui compte à l’achat, et qui ne figure pas en gros sur les fiches, est de savoir si la mémoire est soudée ou sur barrettes une machine à mémoire soudée est plafonnée à vie. Notre comparatif des meilleurs mini PC et notre test du GEEKOM A5 Pro détaillent les configurations par budget.

Et pour un usage léger, le marché du reconditionné professionnel absorbe actuellement des flottes entières de machines compatibles Windows 11 à 150-250 € le même arbitrage que celui décrit dans notre analyse du reconditionné.

Questions fréquentes

Mon ordinateur va-t-il s’arrêter de fonctionner le 14 octobre 2026 ?

Non. Windows 10 continue de démarrer et de fonctionner normalement, sans limitation de durée, sans écran de blocage et sans perte de licence. Seules les mises à jour de sécurité du système cessent. La machine devient progressivement plus exposée au fil des mois, elle ne devient pas inutilisable.

Faut-il absolument acheter un nouveau PC maintenant ?

Non, et rien dans les semaines qui viennent ne l’impose. Le risque s’accumule au rythme des failles publiées, ce qui se compte en mois. Donnez-vous une échéance à six mois ou un an plutôt que de décider dans l’urgence, et vérifiez d’abord si votre machine actuelle peut passer à Windows 11.

Comment savoir en deux minutes si mon PC est compatible Windows 11 ?

Touches Windows et R, puis tpm.msc : la fenêtre doit indiquer une puce en version 2.0. Puis msinfo32 pour vérifier la ligne « État du démarrage sécurisé ». Enfin le processeur : Intel 8e génération ou AMD Ryzen 2000 minimum. Si la puce semble absente, cherchez l’option PTT ou fTPM dans le BIOS avant de conclure.

Microsoft peut-il m’appeler au sujet de la fin du support ?

Jamais. Microsoft n’appelle pas les particuliers, pour aucun motif. Tout appel se présentant comme le support technique Microsoft est une escroquerie, y compris si le numéro affiché paraît légitime : l’usurpation du numéro d’appel a progressé de plus de 500 % en un an.

La mise à niveau vers Windows 11 est-elle toujours gratuite ?

Oui, pour une licence Windows 10 activée, sous réserve que la machine respecte les prérequis matériels. Microsoft n’a annoncé aucune date de fin pour cette gratuité. Le passage se fait par Windows Update ou l’assistant d’installation officiel, téléchargé depuis le site de Microsoft en tapant l’adresse à la main.

Tout s’arrête-t-il vraiment sur Windows 10 ?

Non : l’antivirus intégré et ses signatures, le navigateur Edge et son moteur de rendu, ainsi que les applications bureautiques de Microsoft restent maintenus sur Windows 10 jusqu’en octobre 2028. Seuls les correctifs du système d’exploitation cessent, ce qui rend la dégradation plus lente qu’à l’abandon de Windows 7.

Ce qu’il faut faire ce week-end

Si votre machine est compatible : la migration, avec une sauvegarde avant. Une heure, gratuit, et le sujet est clos pour plusieurs années.

Si elle ne l’est pas : trente minutes pour les six règles navigateur à jour, compte sans droits d’administrateur, sauvegarde externe, opérations sensibles sur téléphone, désinstallation de ce qui ne sert plus. Et une date écrite quelque part.

Dans les deux cas, une consigne qui vaut pour les deux prochaines semaines : si quelqu’un vous appelle au sujet de votre Windows, raccrochez. Aucune exception. La vague d’appels frauduleux qui va suivre cette échéance coûtera, à l’échelle du pays, infiniment plus cher que les failles qu’elle prétend corriger.

Par Antoine - Daily Geek Show, le

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