William-McKinley
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Une collection de documents récemment déclassifiés met en lumière un chapitre peu connu de l’histoire médicale : une série d’expérimentations animales utilisant le matériel biologique d’un président américain décédé. Ces expériences étranges soulèvent des questions sur les frontières entre la recherche scientifique, les considérations éthiques et l’héritage durable des personnalités publiques.

Retour sur le meurtre de l’ancien président William McKinley

Une collection de documents jusqu’alors inconnus relatifs à une partie étrange mais importante de l’histoire américaine a récemment été mise aux enchères pour la première fois. La collection a été acquise par le Raab Collection, un revendeur de documents historiques et d’autographes de renommée internationale. Les documents appartenaient à Herman Matzinger, un médecin qui a autopsié le corps du président américain William McKinley. À titre de rappel, William McKinley a été le 25ᵉ président des États-Unis.

Il est entré en fonction en 1897, et est resté président jusqu’à sa mort, lorsqu’il a été assassiné le 14 septembre 1901. Si ces documents auraient pu être des papiers tout à fait ordinaires sur une autopsie, ils sont en fait assez exceptionnels, et cela n’est même pas relatif au fait que ladite autopsie ait été réalisée sur un ancien président, ni même au fait qu’il ait été assassiné. Si ces documents sont si spéciaux, c’est parce qu’ils relatent les expériences étranges que le Dr Matzinger a réalisées au cours de l’autopsie.

Pour comprendre cette expérience, remontons au jour de l’assassinat du président William McKinley. Le 6 septembre 1901, l’anarchiste d’origine polonaise Leon Czolgosz a tiré sur le président McKinley à bout portant au cours de l’Exposition panaméricaine qui se tenait alors à Buffalo, New York. La première balle a ricoché en toute sécurité sur un bouton de la veste du président. Cependant, la seconde a pénétré dans son abdomen, perçant les parois avant et arrière de son estomac.

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Une méthode peu conventionnelle

McKinley a été transporté à l’hôpital, où un chirurgien l’a opéré. Dans un premier temps, le président a montré des signes de guérison et il est même sorti de l’hôpital. Mais, son état s’est soudainement aggravé et il est finalement décédé. Selon les médecins, la cause du décès de McKinley était une pancréatite nécrosante. Il s’agit d’une maladie dans laquelle une partie du pancréas meurt en raison d’une infection chronique, d’un flux sanguin insuffisant ou de dommages.

De nombreuses spéculations ont alors commencé à circuler, certains blâmant le chirurgien qui a opéré le président, d’autres supposant que les balles utilisées par Czolgosz étaient empoisonnées. Pour minimiser ces rumeurs, un examen bactériologique a été ordonné, en plus de l’autopsie classique. C’est le Dr Herman Matzinger – qui était à l’époque un grand expert en analyses sanguines – qui a procédé à cet examen supplémentaire. Il avait alors conclu qu’aucun poison n’avait été utilisé et que la nécrose avait été probablement causée par l’impact de la balle, et non par une opération chirurgicale bâclée. D’après les documents laissés par le médecin, il est arrivé à cette conclusion grâce à des expériences avec des animaux de compagnie.

Dans un carnet, le Dr Matzinger a notamment décrit comment il a cultivé des bactéries à partir d’échantillons prélevés sur la plaie de McKinley, puis les a injectées à des lapins et à un chien. On ne sait pas si ces animaux étaient ses animaux de compagnie personnels ou des animaux de laboratoire. S’il n’y a ensuite rien sur le sort des lapins, on peut trouver dans le journal des rapports sur l’évolution de l’état de santé du chien. Finalement, il semblerait que le chien soit sorti indemne de l’expérience, même après avoir subi des épisodes de forte fièvre.

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