Souvent présenté comme le plus dangereux du Japon, le volcan Sakurajima fait planer une menace permanente sur les 600 000 habitants de la ville de Kagoshima, distante de seulement huit kilomètres à vol d’oiseau.
Situé dans le sud de l’île de Kyushu, le Sakurajima fait partie des volcans les plus actifs de l’archipel nippon, avec une activité éruptive intense et explosive associée à un risque humain particulièrement élevé.
La caldeira d’Aira naît il y a environ 22 000 ans, à la suite d’une explosion qui projette des centaines de kilomètres cubes de matière volcanique dans l’atmosphère. Près de 9 000 ans plus tard, le Sakurajima commence à se former à son extrémité sud, dans l’actuelle baie de Kagoshima.
Le volcan possède trois sommets : le Kitadake qui culmine à 1 117 mètres d’altitude (au nord), le Nakadake et ses 1 080 mètres (au centre), et le Minamidake qui atteint 1 040 mètres (au sud). Son activité éruptive se concentre au niveau du cratère de ce dernier et du Showa, sur son flanc est.
Plutôt agité, il connait des éruptions majeures en 1471, 1779 et 1914. C’est d’ailleurs à l’occasion de cette dernière que l’île du Sakurajima se retrouve rattachée à l’île de Kyushu.

Après plus d’un siècle de relative accalmie, le Sakurajima se réveille brutalement le 11 janvier 1914. Dans la ville de Kagoshima, 417 secousses telluriques sont enregistrées dans les trente heures qui précèdent l’éruption, ce qui permet d’évacuer une partie de l’île.
Un panache de cendres volcaniques s’élève jusqu’à huit kilomètres d’altitude et des nuées ardentes dévalent les pentes du volcan. Deux jours plus tard, un puissant séisme tue 35 personnes.
L’activité éruptive évolue, les explosions se font moins fréquentes, et durant des mois, d’importantes coulées de lave vont partiellement combler le détroit large de 400 mètres et profond de 72 mètres qui sépare Sakurajima de Kyushu.
Depuis les années 1950, on dénombre entre 100 et 200 explosions chaque année, parfois accompagnées de nuées ardentes. Une forte activité volcanique qui a permis la création d’un observatoire volcanologique de pointe dès 1960.
En 2009, le volcan connait un fort regain d’activité avec 548 explosions, et atteint la barre des 550 l’année suivante avec plus de trois millions de tonnes de cendres rejetées. Le 18 août 2013, il crache un panache de cinq kilomètres de hauteur durant près d’une heure. Un phénomène similaire se produit le 29 avril 2017.
De nombreux travaux ont été entrepris pour faire face à de telles catastrophes et protéger les habitants de la ville voisine de Kagoshima. Des digues et des canaux de collecte sont construits sur les pentes du volcan afin de canaliser et stopper les lahars (coulées rapides de boue et de débris volcaniques), et des simulations d’évacuation à grande échelle organisées une fois par an.
Lors de leurs déplacements, les enfants doivent porter un casque qui les protège des retombées de cendres et de petites pierres projetées quotidiennement dans l’atmosphère.
Tous les 200 mètres, on trouve des abris en béton armé permettant à la population locale de se réfugier en cas de projection de blocs de matière volcanique, tandis que plusieurs ferries se tiennent prêts à faire route vers Sakurajima en cas d’éruption afin d’évacuer les personnes qui vivent et travaillent sur ses pentes.
Malgré les forts risques de nuées ardentes, le Sakurajima reste un lieu prisé par les touristes pour ses sources chaudes, et son sol très fertile permet la culture des plus gros radis chinois (ou daikons) au monde et des komikans, de minuscules mandarines d’à peine trois centimètres de diamètre.

Véritable épée de Damoclès au-dessus de la tête de centaines de milliers de Japonais, le capricieux Sakurajima fait partie des volcans les mieux surveillés et étudiés au monde.
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