Les historiens cherchaient le berceau des Parisii depuis des générations sans trouver la moindre trace concrète. Des archéologues viennent de dégager un rempart enfoui sous l’Hôtel-Dieu. Ainsi, cette trouvaille confirme le récit antique et replace la ville gauloise sur l’île de la Cité.

Des fouilles sous les cours de l’Hôtel-Dieu mettent au jour une enceinte fortifiée oubliée depuis l’Antiquité
Les archéologues travaillent dans deux cours de l’hôpital parisien depuis février 2026. Ils accompagnent la restructuration du bâtiment hospitalier après un diagnostic préventif. Rapidement, les équipes descendent à quatre mètres de profondeur. Elles traversent les siècles et atteignent les couches les plus anciennes du sous-sol.
Durant l’été, les chercheurs repèrent une structure insolite en pierre et en bois. Cet ouvrage défensif mesure une vingtaine de mètres de long. En fait, sa technique d’assemblage correspond aux fortifications gauloises de la fin de l’âge du Fer. L’élévation conserve aujourd’hui un mètre de hauteur.
Cette maçonnerie suscite un vif enthousiasme au sein des équipes de terrain. Julien Avinain, chef archéologue municipal, affirme que le doute recule chaque jour. Dorothée Chaoui-Derieux rappelle d’ailleurs le vieux rêve des spécialistes. Tous espéraient identifier un jour l’oppidum des Parisii sur l’île.
Les traces de feu sur les poutres antiques valident les écrits militaires de Jules César sur la guerre des Gaules
Jules César décrit Lutèce comme une place installée sur un méandre fluvial. Pourtant, aucun vestige ne confirmait cette position géographique jusqu’à aujourd’hui. Plusieurs spécialistes privilégiaient même une autre implantation, du côté de Nanterre. Cette trouvaille au cœur de Paris change désormais la donne historique.
De plus, les fouilles révèlent des marques d’un incendie violent. Un parement calciné prouve la fureur du brasier. Or, le texte antique de César raconte cet épisode précis. Les guerriers gaulois brûlèrent eux-mêmes leurs défenses face aux troupes romaines.
Devant l’ouvrage, les spécialistes dégagent également un bâtiment en bois consumé. Des milliers de graines carbonisées gisent sur le sol antique. Une haute plateforme artificielle de sable et de gravier renforce cette ligne défensive. Ainsi, les observations de terrain concordent parfaitement avec les chroniques antiques.
Le carbone 14 et les armes exhumées confirment l’âge gaulois des vestiges avant la domination de l’Empire romain
Les premières analyses scientifiques consolident cette hypothèse majeure. En effet, des datations au carbone 14 situent la structure entre 200 et 10 avant notre ère. Cette fenêtre chronologique cadre avec la fin de l’âge du Fer. Elle exclut donc une simple construction romaine tardive.
Par ailleurs, le chantier livre des objets très instructifs. Les techniciens découvrent notamment un fer de lance gaulois au pied du mur. Des débris d’amphores complètent cet ensemble matériel. Selon David Couturier, les fouilles réservent encore de nouvelles révélations durant les prochains mois.
Les restaurateurs préparent un moulage complet pour exposer ces pierres d’origine dans un musée de la capitale
La fragilité de cet édifice millénaire impose une grande prudence technique. Bientôt, des spécialistes réaliseront un moulage de précision de l’ensemble. Ils prélèveront aussi plusieurs pierres de parement d’origine. De leur côté, la ministre Catherine Pégard et le maire Emmanuel Grégoire saluent une avancée historique pour la capitale.
À terme, les institutions présenteront une portion reconstituée du mur au grand public. Une exposition muséale permanente accueillera ces blocs sauvés des tranchées. Ainsi, les visiteurs mesureront enfin la réalité matérielle de Lutèce. La mémoire des premiers bâtisseurs parisiens retrouve sa juste place urbaine.