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© NIAID/Flickr

Il y a des millions d’années, de minuscules envahisseurs appelés virus ont infiltré l’ADN de nos ancêtres, laissant derrière eux un héritage bien plus profond qu’une simple maladie. En effet, d’après de nouvelles recherches, d’anciens virus ont façonné le corps que nous avons aujourd’hui.

Les rétrovirus sont à l’origine de l’évolution des vertébrés

Bien qu’ils soient généralement considérés comme des envahisseurs nuisibles et dangereux, une nouvelle étude réalisée par les chercheurs de l’Altos Labs du Cambridge Institute of Science révèle que d’anciens virus, remontant à des centaines de millions d’années, ont joué un rôle crucial dans la formation des corps que nous habitons aujourd’hui. En effet, d’après les résultats de l’étude publiée dans la revue Cell, les vertébrés ont autrefois été infectés par un ancien virus qui a ensuite joué un rôle important dans l’évolution du cerveau avancé et des grands corps des êtres humains.

À l’origine, les chercheurs ont voulu étudier les origines de la myéline, une couche isolante de tissu adipeux qui se forme autour des nerfs et qui permet aux impulsions électriques de se propager à une vitesse plus rapide. Parce que la myéline permet aux nerfs de transmettre les informations plus rapidement, elle permet donc également de nouvelles formes de communications simultanées. Et cela a permis l’évolution de réseaux neuronaux complexes comportant plus de connexions et plus d’interactions dans un espace donné.

En parcourant les bases de données génomiques pour tenter de trouver la génétique la plus probablement associée aux cellules qui produisent la myéline, les chercheurs ont découvert qu’une séquence génétique extraite de rétrovirus – un type spécifique de virus connu pour insérer son matériel génétique dans le génome de l’hôte – joue un rôle important dans la production de myéline. Plus encore, ils ont découvert ce code – qu’ils ont appelé RetroMyelin – chez les mammifères, les amphibiens et les poissons modernes.

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— photos_and_chickens / Shutterstock.com

Des infections qui datent de bien avant les premiers humains

Pour tester leurs découvertes, les chercheurs ont mené des expériences dans lesquelles ils ont détruit la séquence de RetroMyelin dans des cellules de rat. Ils ont découvert que les cellules ne produisaient plus une protéine de base nécessaire à la formation de myéline. Dans une autre expérience, ils ont recherché des séquences de type RetroMyelin dans les génomes d’autres espèces. Ils ont trouvé un code similaire chez les vertébrés à mâchoires, mais pas chez les vertébrés ou invertébrés sans mâchoire.

Les scientifiques ont alors suggéré que cette séquence génétique est apparue dans l’arbre de vie à peu près au même moment que les mâchoires, qui ont évolué pour la première fois il y a environ 360 millions d’années, au cours du Dévonien. Enfin, les chercheurs ont aussi voulu savoir si l’infection rétrovirale s’était produite en une seule fois sur une seule espèce, ou si elle s’était produite plus d’une fois au sein de plusieurs espèces. Pour ce faire, ils ont utilisé des méthodes informatiques pour analyser les séquences de RetroMyelin de 22 espèces de vertébrés à mâchoires. Ils ont constaté que les séquences étaient plus similaires au sein de chaque espèce spécifique, ce qui suggérait plusieurs vagues d’infection. Par ailleurs, voici 8 anciens virus zombies découverts par des scientifiques dans le permafrost.

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