C’est la question que pose la prestigieuse revue Scientific American. Ces derniers temps, nous avons assisté au retour de maladies graves très anciennes. Que ce soit en France ou dans des pays étrangers, le phénomène est global et inquiète de plus en plus les autorités sanitaires. Directement mis en cause, le droit à la non-vaccination est sujet à débat, et il convient de rappeler pourquoi les vaccins constituent un pilier sanitaire incontournable de nos sociétés.

LA TENDANCE DE CES DERNIÈRES ANNÉES

Plusieurs régions du monde sont en ce moment le théâtre du retour de certaines maladies comme la rougeole. Que ce soit en Amérique ou en Europe, des épidémies récentes prouvent que la considération de la non-vaccination doit être plus revue et ne pas se limiter au simple droit personnel. L’OMS a relevé d’ailleurs un bond d’environ 50 % de cas de rougeoles signalés l’an dernier, si l’on compare à l’année 2017. La maladie avait alors fait 136 000 morts dans le monde.

Différents organismes rappellent que si ne pas se vacciner reste un privilège personnel reposant sur le droit de disposer comme nous l’entendons de notre propre corps, les conséquences d’une telle décision peuvent se répercuter sur les autres. Jusqu’où s’étend notre liberté, si elle empiète sur la santé des autres ? C’est une question qui sera prochainement débattue, et qui prédomine le débat concernant l’obligation à la vaccination. Certains considèrent que les personnes non-vaccinées font preuve d’un comportement égoïste et téméraire envers les autres. En effet, force est de constater que dans les faits, ne pas se vacciner met en danger la santé et la sécurité des autres personnes que l’on rencontre. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’OMS a publié un rapport expliquant que les anti-vaccins faisaient partie des 10 principales menaces sanitaires mondiales pour l’année 2019.

Reportage sur l’urgence de la vaccination en France

UN DEVOIR MORAL ET HUMANITAIRE

Pourquoi alors certaines personnes choisissent de ne pas se faire vacciner ? Certes, les vaccins ne sont pas parfaits (certains perdent leur effet avec le temps), et certaines personnes sont tout simplement dans l’incapacité de se faire vacciner, et ce, pour plusieurs raisons.

Mais dans les faits, seul l’immunodépression est une raison valable pour ne pas se faire vacciner. Cela concerne les personnes qui ont des déficiences génétiques, ou des maladies graves (comme certains cancers par exemple) et qui, en conséquence, ne peuvent tout simplement pas bénéficier d’un vaccin. Évidemment, les personnes trop jeunes (moins de 12 mois pour des vaccins comme la rougeole par exemple) ne sont pas concernées par le reproche de la non-vaccination. Puisque ces personnes-là ne peuvent bénéficier des « pouvoirs » des vaccins, leur protection repose sur un principe collectif appelé l’immunité de communauté.

Herd Immunity: Why your vaccinations help others

Ce phénomène est hautement important et vital dans la lutte contre la propagation d’une maladie contagieuse. Concrètement, plus le taux de personnes immunisées augmente, plus le risque pour une personne non immunisée d’attraper sa maladie diminue. Ci-dessus, vous pouvez voir comment l’immunité de communauté, ou encore immunité grégaire fonctionne.

Schéma des mécanismes de la vaccination au niveau collectif
© Santé Publique France

Comme vous pouvez le voir dans le schéma ci-dessus, qui provient d’un dossier pédagogique de la Santé Publique de France, les conséquences sont très facilement perceptibles.

SE PROTÉGER SOI-MÊME ET PROTÉGER LES AUTRES

Ainsi, la vaccination a très souvent une double dimension de protection, individuelle et collective. Les maladies qui se transmettent uniquement de personne à personne peuvent être largement diminuées par l’immunité de communauté. Il faut bien comprendre que dans le cas d’une population non-vaccinée, une personne qui sera infectée par un agent pathogène contaminera à coup sûr un certain nombre de personnes de son entourage. Il est estimé que chaque personne atteinte contamine en moyenne deux personnes, soit 31 personnes au bout de quatre petites semaines. Cette véritable croissance exponentielle explique notamment les récents phénomènes épidémiques qui ont lieu dans le monde entier.

Dans l’exemple d’une population où la moitié des personnes est vaccinée et protégée, si deux personnes sont exposées à une tierce malade, une seule sera infectée et pourra éventuellement transmettre la maladie. Au bout de quatre semaines il est estimé que seulement cinq personnes seront tombées malades et attraperont le virus. Les agents pathogènes n’auront pas la possibilité de se multiplier et de toucher 100 % des personnes, ce qui aura pour effet d’exclure un grand nombre d’agents de la circulation et de la propagation du virus, et ainsi réduire son impact sur des personnes non vaccinées. Pour résumer, des personnes vaccinées vont protéger les personnes non vaccinées, alors que dans le cas où une personne choisirait de ne pas se vacciner, elle resterait, de facto, toujours un véhicule de maladies.

Ainsi, nous voyons que si une société est à moitié vaccinée, la réduction est colossale, à hauteur de 84 %. Une simple couverture vaccinale de 50 % de la population permet donc de réduire le nombre de cas, bien au-delà de la moitié. C’est un exemple concret de l’immunité de groupe. En conclusion, en se vaccinant, on protège aussi les autres.

UN DANGER POUR LA SOCIÉTÉ

De plus, il faut bien comprendre que la vaccination appliquée permet la quasi-éradication de certaines pathologies, comme les méningites et épiglottites du nourrisson, qui étaient occasionnées par une certaine bactérie, la Haemophilus influenzae b. Les analyses après la vaccination ont montré une quasi-disparition de ces maladies, même pour les nourrissons qui étaient dans leur premier mois de vie, et qui, par définition, étaient encore trop jeunes pour être vaccinés. Cela démontre tout l’intérêt d’une protection indirecte, qui impactera logiquement par la suite tous les organismes au contact de ce nourrisson, comme dans le cadre d’une crèche où les contacts sont facilités, et ce pendant de longues heures.

Beaucoup de personnes pensent à tort que des maladies comme la rougeole ont complètement disparu depuis quelques années, et que se vacciner contre ne sert plus à rien. C’est une grossière erreur et un véritable danger pour la société, que ce soit en France ou dans le reste du monde.

Ces pathologies sont toujours présentes, et attendent simplement que cette « garde collective » s’effrite, comme c’est le cas depuis quelques années. La variole est un autre exemple criant, tant elle décimait des villes entières il n’y a encore pas si longtemps que ça. Ce serait un danger de baisser sa garde, et c’est un devoir de préserver les vaccinations, tant leur importance est vitale, ce serait un véritable danger pour la société de s’en passer.

Malheureusement, 2019 est aussi une période forte de désinformation constante. Les propagandes mensongères sont communes sur internet, et sont ensuite reprises dans les débats de la vie publique. Certains pensent toujours en 2019 que les vaccins sont une fraude mondiale à but uniquement lucratif…

Ce dont les scientifiques ont la certitude, c’est que les vaccins ont protégé des millions de personnes de maladies mortelles. Il y a donc une vraie question à se poser, tandis que la défiance de la science médicale n’a jamais été aussi élevée et que nous faisons face à une telle explosion des morts à cause de la non-vaccination.

Nous rappelons que le Daily Geek Show rapporte chaque mois une centaine de revues, données et études scientifiques. Nous ne sommes pas politisés et ne percevons aucune rémunération pour présenter ces chiffres, nous sommes et serons toujours du côté de la science.

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Fanny Leonard
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Fanny Leonard

Non mais vous êtes des malades les gens !!?! C’est vous les lobbyistes anti-vaccins ! On n’a vraiment pas lu le même article, vous vous rendez compte « l’OMS a publié un rapport expliquant que les anti-vaccins faisaient partie des 10 principales menaces sanitaires mondiales pour l’année 2019. » Arrêtez de répandre… Lire la suite »

Mathieu Cohen
Membre
Mathieu Cohen

Les individus dans les commentaires sont effrayants, cela montre vraiment l’ampleur du problème… C’est catastrophique. Merci pour votre article, ça aurait été bien de rajouter quelques chiffres des Décodeurs du Monde mais il est déjà pas mal complet, et ne prêtez pas attention aux attaques de ceux qui ne dénigrent… Lire la suite »