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Un composé visant à lutter contre les gliomes diffus en aidant les cellules immunitaires à cibler une mutation génétique leur étant propre a offert des résultats préliminaires particulièrement prometteurs.

Cibler les mutations génétiques propres aux gliomes

Détaillé dans la revue Nature, cet essai de phase 1 historique a montré que le nouveau vaccin expérimental se révélait non seulement sûr (absence d’effets secondaires graves) mais semblait également ralentir significativement, voire stopper, la progression des tumeurs. Sur la base de ces résultats, les scientifiques planifient actuellement un essai de phase 2 de plus grande envergure, qui permettra de déterminer précisément l’efficacité du traitement.

Les gliomes diffus sont un type de cancer du cerveau particulièrement difficile à traiter : comme leur nom l’indique, ces tumeurs sont susceptibles de s’y propager, ce qui complique leur élimination par la chirurgie traditionnelle. Toutefois, il s’avère que plus de 70 % des gliomes de bas grade présentent une mutation génétique affectant une enzyme appelée isocitrate déshydrogénase 1 (IDH1). Propre à ce type de tumeurs, celle-ci conduit à la création de nouvelles protéines connues sous le nom de néo-épitopes.

« Notre objectif initial était de stimuler le système immunitaire des patients et d’utiliser un vaccin pour l’aider à cibler les néo-épitopes spécifiques à la tumeur », explique Michael Platten, chercheur au Centre allemand de recherche sur le cancer et auteur principal de l’étude.

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Une forte réponse immunitaire chez 93 % des patients

Démarré en 2015, après des années de développement et de tests sur les animaux, ce premier essai clinique a impliqué 33 patients atteints d’un gliome IDH1 récemment diagnostiqué et visait spécifiquement à étudier la sécurité du vaccin expérimental ainsi que le type de réponse immunitaire engendré.

Il s’est avéré que le vaccin induisait une forte réponse immunitaire chez 93 % des patients, caractérisée par la présence de cellules T immunitaires ciblant spécifiquement la mutation IDH1, et que les sujets les plus réactifs présentaient également une « pseudo-progression tumorale », processus au cours duquel la taille de la tumeur augmente en raison de son invasion par les cellules immunitaires.

Au bout de trois ans de suivi, le taux de survie de la cohorte était de 84 %, tandis qu’aucune croissance tumorale n’avait été observée chez 82 % des patients présentant de fortes réponses immunogènes (capacité à provoquer une réaction immunitaire) au vaccin.

Fin 2020, des chercheurs ont annoncé le début des essais cliniques pour un vaccin expérimental prometteur contre le cancer, incitant l’organisme à produire des anticorps qui aident les cellules immunitaires à détecter et à tuer les cellules cancéreuses — Mongkolchon Akesin / Shutterstock.com

Essai de phase 2 et traitement combiné

En dépit de ces résultats prometteurs, Platten rappelle qu’il ne s’agit que du premier volet des essais cliniques et qu’aucune autre conclusion concernant l’efficacité du composé ne pourra être tirée sans des essais plus importants impliquant un groupe témoin.

L’équipe mène actuellement un second essai de phase 1, combinant son vaccin expérimental et l’immunothérapie par inhibiteurs de points de contrôle, connus pour renforcer l’activité du système immunitaire.

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