La galaxie Henize 2-10 capturée par Hubble. La région brillante au centre, entourée de nuages roses et de lignes de poussière sombres, indique l’emplacement du trou noir massif de la galaxie — © NASA / ESA / Z. Schutte et A. Reines (XGI) / A. Pagan (STScI)

Les trous noirs sont connus pour aspirer toute matière se trouvant dans leur environnement proche, mais des images récemment capturées par le télescope Hubble ont mis en évidence un comportement pour le moins inhabituel chez ces monstres cosmiques.

Un cordon ombilical cosmique

Galaxie naine située dans la constellation de la Boussole, à une trentaine d’années-lumière de notre planète, Henize 2-10 abrite un trou noir d’environ 1 million de masses solaires. Jusque-là, rien d’extraordinaire. Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Nature, des chercheurs des universités du Montana et de Virginie ont toutefois découvert que l’objet massif contribuait directement à la formation de nouveaux astres.

« Dès le départ, je savais que quelque chose d’inhabituel et de spécial se passait au sein d’Henize 2-10, et maintenant Hubble a fourni une image évidente de la connexion entre le trou noir et une région voisine de formation d’étoiles située à 230 années-lumière », explique Amy Reines, auteure principale de l’étude s’intéressant à cette galaxie naine depuis une dizaine d’années.

La connexion en question s’avère être un écoulement de plasma s’étendant en direction d’une pouponnière stellaire particulièrement brillante comme un cordon ombilical cosmique. Pour établir cette relation causale, les chercheurs se sont appuyés sur les relevés spectroscopiques du télescope Hubble, qui leur ont permis de calculer la vitesse du flux (estimée à environ 1,6 million de kilomètres par heure) ainsi que l’âge des jeunes étoiles.

Le cadre visible dans la partie inférieure droite de l’image révèle un écoulement de 230 années-lumière de long, reliant le trou noir massif de la galaxie naine Heinze 2-10 à une région de formation d’étoiles — © NASA / ESA / Z. Schutte et A. Reines (XGI) / A. Pagan (STScI)

« La résolution exceptionnelle de Hubble montre clairement un modèle en forme de tire-bouchon dans les vitesses du gaz, que nous pouvons faire correspondre au modèle d’un flux sortant d’un trou noir. Un reste de supernova ne présenterait pas ce modèle, c’est donc notre preuve irréfutable qu’il s’agit d’un trou noir », souligne Reines.

D’importantes implications

Selon les auteurs de l’étude, de futures recherches sur les trous noirs des galaxies naines pourraient fournir de nouveaux indices sur la formation des trous noirs supermassifs dans l’Univers primitif.

« L’époque des premiers trous noirs n’est pas quelque chose que nous avons été en mesure d’observer, c’est donc devenu la grande question : d’où sont-ils venus ? Les galaxies naines pourraient conserver une certaine mémoire du scénario d’ensemencement des trous noirs qui, autrement, se serait perdue dans le temps et l’espace », précisent-ils.

Il y a quelques jours, des chercheurs de l’Institut Max Planck avaient de leur côté annoncé la découverte d’un trou noir issu de la fusion de deux monstres cosmiques se déplaçant à une vitesse ébouriffante.

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1 Commentaire
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louis
louis
3 mois

et une nouvelle terre va naitre ?