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Une nouvelle étude a mis en évidence une autre façon dont le changement climatique induit par l’Homme affecte la planète. Des décennies de données ont montré un épaississement de la troposphère, même en tenant compte des variations naturelles.

Une élévation de la tropopause de 50 à 60 mètres par décennie

La troposphère est la couche la plus basse de l’atmosphère terrestre, qui s’étend de la surface de la terre et de la mer à une hauteur d’environ 6 km au-dessus des pôles et 18 km au-dessus des tropiques. Il s’agit de la partie la plus chaude et la plus humide (l’air devenant plus froid et plus sec à mesure que l’on s’élève) et c’est là que se produisent la plupart des phénomènes météorologiques.

On sait depuis le milieu des années 2000 que la troposphère est en expansion. Lorsqu’elle se réchauffe, elle repousse vers le haut la tropopause, qui sépare la troposphère de la stratosphère (plus élevée et plus froide). Si de nombreux processus naturels affectent cette dernière, le réchauffement dû aux émissions de dioxyde de carbone constitue un facteur clé de son élévation.

Pour cette nouvelle étude publiée dans la revue Science Advances, les scientifiques ont donc cherché à savoir à quelle vitesse la tropopause s’élevait et si cette dernière avait changé au fil du temps. Leurs travaux ont mis en évidence une élévation d’environ 50 à 60 m par décennie au cours des 40 dernières années dans l’hémisphère nord.

Pour parvenir à ces résultats, l’équipe a utilisé deux sources principales de données : les mesures de radiosondage effectuées par des ballons météorologiques et les données de radio-occultation GPS obtenues par satellite. Les premières remontaient jusqu’à 1980, tandis que les secondes comprenaient des données postérieures à 2002, ce qui a permis à l’équipe de dresser un tableau de l’altitude de la tropopause entre 1980 et 2020.

« Il s’agit d’une preuve claire du changement de la structure atmosphérique »

Afin de confirmer l’influence de l’activité humaine sur l’élévation de la tropopause, l’équipe a tenu compte des événements naturels connus pour avoir un impact, notamment deux éruptions volcaniques dans les années 1980 et un fort épisode El Niño à la fin des années 1990. L’équipe a constaté que la majeure partie de l’élévation (jusqu’à 53 m par décennie) pouvait être attribuée au changement climatique d’origine humaine.

« Il s’agit d’une preuve claire du changement de la structure atmosphérique », estime Bill Randel, co-auteur de l’étude. « Ces résultats apportent une confirmation indépendante, en plus de toutes les autres preuves du changement climatique, que les gaz à effet de serre modifient notre atmosphère. »

Selon l’équipe, si une tropopause plus élevée n’est peut-être pas trop inquiétante dans la vie quotidienne, elle pourrait rendre les orages plus violents et obliger les avions à voler plus haut pour éviter les turbulences.

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