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Seconde couche de l’atmosphère en partant du sol, la stratosphère a vu son épaisseur diminuer de 400 mètres depuis les années 1980, selon de récents travaux. Sans surprise, les coupables s’avèrent être les émissions de gaz à effet de serre.

Une situation inquiétante

Bien qu’un tel constat soit alarmant, les auteurs de cette nouvelle étude, publiée dans la revue Environmental Research Letters, estiment que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, l’épaisseur de la stratosphère diminuera d’un kilomètre supplémentaire d’ici 2080. Ce qui pourrait entraver considérablement les opérations par satellite, la navigation GPS ainsi que les communications radio.

En raison des importantes quantités de gaz à effet de serre libérées dans l’atmosphère, le système climatique terrestre a été considérablement modifié. Les températures à la surface de notre planète ont en moyenne augmenté d’1 °C depuis le début de la révolution industrielle, au XIXe siècle. Tandis que les émissions de carbone absorbées par les océans les ont gravement altérés, les rendant plus acides : Le pH des océans est passé de 8,2 à 8,1 depuis la révolution industrielle et devrait encore s’acidifier de 0,3 à 0,4 unité d’ici la fin du siècle.

Le système climatique terrestre s’apparentant à un tissu complexe de fibres entrelacées, de tels changements ont un impact environnemental considérable. Les glaciers ont rétréci, la glace des rivières et des lacs se brise plus tôt, les aires de répartition des plantes et des animaux se sont déplacées et les arbres fleurissent plus tôt. Mais si le dioxyde de carbone réchauffe la troposphère, première couche de l’atmosphère épaisse de 20 km, où se trouvent les humains et tous les autres êtres vivants, il a l’effet inverse sur la stratosphère.

Schéma des différentes couches de l’atmosphère terrestre — © William Crochot / CC BY-SA 4.0

Une augmentation du CO2 refroidit en fait la stratosphère, où les températures ont baissé de 5 à 10 °C au cours des trois dernières décennies. Bien qu’il s’agisse d’un phénomène complexe, l’activité humaine l’affecte principalement de deux façons : en augmentant les concentrations de dioxyde de carbone et en appauvrissant la couche d’ozone.

« Cette couche atmosphérique s’est considérablement contractée au cours des dernières décennies »

Si le CO2 présent dans la troposphère piège la chaleur, au niveau de la stratosphère, celui-ci favorise la dissipation du rayonnement thermique dans l’espace. En conséquence, la stratosphère (commençant à environ 20 kilomètres de la surface de la Terre à l’équateur et dont l’épaisseur est d’environ 40 kilomètres) se contracte. Dans le cadre de la nouvelle étude, les chercheurs ont quantifié le refroidissement de la stratosphère à l’aide de données recueillies par une petite flotte de satellites depuis les années 1980.

« Nos travaux montrent que cette couche atmosphérique s’est considérablement contractée au cours des dernières décennies, et que le principal moteur de ce phénomène est l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre (GES). Les données provenant de modèles couplés chimie-climat confirment que cette tendance se poursuivra et que l’épaisseur climatologique moyenne de la stratosphère diminuera de 1,3 km d’ici 2080 si les émissions ne diminuent pas », précisent les chercheurs.

Quelques semaines seulement après que des scientifiques ont révélé que les activités humaines avaient littéralement déplacé l’axe de la Terre, ces nouvelles recherches mettent une nouvelle fois en évidence leur impact sur l’équilibre fragile de notre planète. À l’avenir, la surveillance de l’épaisseur de la stratosphère pourrait constituer une nouvelle mesure de référence pour le suivi du changement climatique.

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