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Très certainement, bien dormir et dormir suffisamment sont des éléments essentiels pour le bien-être et la santé, autant sur le plan physique que mental. Dormir nous aide en effet à trouver une certaine quiétude et à nous sentir revitalisés. Mais cela n’est pas toujours le cas, et la science a démontré que trop de sommeil n’est vraiment pas bénéfique.

Il faut favoriser la qualité et non la quantité

Le sommeil est une part essentielle de la vie de nombreux êtres vivants, dont les humains. Le sommeil permet notamment à notre corps de se reposer, et à notre cerveau de consolider nos souvenirs et de traiter les informations. Preuve de son importance, les problèmes de sommeil sont souvent liés à des problèmes d’ordre physiologique, comme l’affaiblissement du système immunitaire, mais aussi à des problèmes de santé mentale tels que le stress, l’anxiété et la dépression. Si dormir est si bénéfique, pourquoi ne pas augmenter le temps consacré au sommeil ? Parce que, comme le dit si bien l’adage, tout excès est nocif, même lorsqu’il s’agit de dormir.

Malgré le fait qu’un bon nombre d’individus affirme avoir ressenti un regain d’énergie, une amélioration de la concentration, ou plus de bien-être après avoir augmenté le temps consacré au sommeil, une étude menée par les chercheurs de l’université Harvard et de l’université de Pennsylvanie, en collaboration avec des économistes du MIT, a démontré que ce n’est pas toujours le cas. Selon l’étude publiée dans la revue The Quarterly Journal of Economics, il ne suffit pas toujours de dormir davantage pour obtenir les résultats positifs généralement attendus à cet effet.

Il a en fait été constaté qu’une bonne qualité de sommeil – c’est-à-dire un sommeil profond et ininterrompu durant un délai raisonnable – combinée à de courtes siestes dans la journée contribuaient davantage à accroître la productivité, à améliorer la fonction cognitive et le bien-être en général. Au contraire, dormir davantage durant la nuit n’a pas apporté d’amélioration sur la productivité, sur la prise de décision, sur le sentiment de bien-être ou même sur la tension artérielle. « À notre grande surprise, ces interventions de sommeil nocturne n’ont eu aucun effet positif sur aucun des résultats que nous avons mesurés », a déclaré Frank Schilbach, coauteur de l’étude, dans un communiqué.

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Une piste pour une nouvelle approche de l’hygiène du sommeil

Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs ont exploré l’impact d’une augmentation des heures de sommeil chez 452 travailleurs à faible revenu à Chennai, en Inde. Chaque participant a été équipé d’un petit capteur de mouvement portable qui permettait de surveiller les cycles de sommeil. En moyenne, les participants ont passé 38 minutes supplémentaires au lit par nuit, ce qui a entraîné 27 minutes supplémentaires de sommeil réel par nuit. Afin de mesurer l’impact de ce changement dans le comportement du sommeil, les participants ont également été chargés d’effectuer des tâches temporaires de saisie de données avec des horaires flexibles. Cela a permis aux chercheurs de surveiller les effets à un niveau granulaire.

La moitié des participants ont également été encouragés à faire une sieste pendant une demi-heure pendant la journée. En plus des constatations susmentionnées, l’une des observations notables remarquées par les chercheurs était que les participants avaient une très mauvaise qualité de sommeil. En raison d’une variété de facteurs socio-économiques et environnementaux, les participants à l’étude dormaient dans des conditions épouvantables. De plus, avant leur participation à l’étude, ces individus ne dormaient en moyenne qu’entre 5,5 et 8 heures par nuit, et avaient tendance à se réveiller 31 fois par nuit en moyenne. Dans les pays développés, ce sont les personnes souffrant d’insomnie ou d’apnée du sommeil qui se réveillent autant de fois durant la nuit.

Face à cette triste constatation, les chercheurs ont fait remarquer qu’il était important de comprendre les défis psychologiques auxquels les pauvres sont confrontés lorsqu’il s’agit de dormir. « Être pauvre est très stressant, et cela peut interférer avec le sommeil des gens. Aborder la façon dont les facteurs environnementaux et psychologiques affectent la qualité du sommeil mérite d’être examiné », a déclaré Schilbach. Les scientifiques ont également souligné qu’il fallait mener d’autres recherches dans le même genre afin d’inciter un changement dans la manière dont les gens abordent l’hygiène du sommeil.

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