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Un nouveau traitement serait enfin efficace pour aider les patients souffrant d’Alzheimer. En effet, après avoir réalisé une étude clinique, le laboratoire Biogen a révélé des résultats très prometteurs pour pouvoir réduire les symptômes chez les malades.

De longs mois d’étude pour trouver un traitement enfin efficace

Les laboratoires Biogen et Esaï avaient lancé en 2015 deux études parallèles afin d’évaluer l’efficacité du médicament aducanumab. Il s’agit d’un anticorps monoclonal qui s’attaque au peptide amyloïde bêta qui cause la maladie d’Alzheimer. Ces études, appelées EMERGE (1638 patients testés) et ENGAGE (1647 patients testés) ont permis de réaliser des tests durant l’été 2018 sur des patients étant au stade précoce de la maladie. Études malheureusement annulées huit mois plus tard. Les résultats annoncés étaient effectivement négatifs et n’annonçaient qu’une faible, voire nulle, amélioration. Les données récoltées s’appuyaient sur 1748 patients ayant pris ce traitement jusqu’au mois de décembre 2018.

À la suite de cette première étude, Bruno Dubois, professeur et neurologue à la Pitié-Salpêtrière et directeur de l’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer, s’est exprimé : « Lors de cette analyse de futilité, on lève le voile pour savoir qui est traité et qui ne l’est pas. Le produit n’ayant pas montré de différences entre les deux groupes, le laboratoire a acté la suspension de ses travaux. » Des résultats qui ont donc été très décevants pour les spécialistes. L’étude a donc été arrêtée le 21 mars 2019.

Depuis, « une nouvelle analyse approfondie de cet ensemble de données plus vaste a montré un résultat différent de celui prédit par l’analyse de futilité ». Celle-ci a montré qu’EMERGE avait permis de montrer une régression significative du déclin cognitif. Il s’agit de nouvelles données obtenues de décembre 2018 à mars 2019 qui concernent 2066 patients ayant terminé leur traitement. « En refaisant les analyses après l’interruption, le laboratoire s’est rendu compte que l’étude était finalement positive, donc il vient d’annoncer marche arrière toute ! », s’est réjoui Bruno Dubois auprès de l’Institut du cerveau et de la moelle (ICM).

Le laboratoire américain Biogen a donc annoncé qu’il relance son étude clinique de phase III avec aducanumab qui serait finalement efficace pour réduire les symptômes de la maladie d’Alzheimer. Il veut également réaliser une demande d’enregistrement auprès de la Food and Drug Administration (FDA) du médicament en question au début de l’année 2020.

Des améliorations notables

Les résultats de cette nouvelle étude, obtenus à l’aide de « l’ADASCOG, une échelle qui associe les paramètres mémoire, langage, orientation dans l’espace », ont été positifs. 23 % des troubles cognitifs parmi les 2066 patients ayant été traités à l’aide de l’aducanumab ont été réduits. De plus, 40 % des patients ont gagné en autonomie lors de leurs activités quotidiennes. Une véritable avancée par rapport à l’étude précédemment stoppée.

Les spécialistes ont noté un ralentissement impressionnant du développement d’Alzheimer chez ces patients, notamment grâce à la disparition de protéines toxiques, autrement dit peptide bêta amyloïde.

Une véritable lueur d’espoir

« C’est un espoir pour les patients ; c’est la première fois que nous avons un résultat positif dans la recherche », explique Claire Paquet, professeur et neurologue au centre de mémoire de l’hôpital Lariboisière. « C’est tout simplement la première fois qu’un médicament semble efficace contre les lésions observées chez les patients et les symptômes d’Alzheimer », explique à son tour Bruno Dubois.

Toutefois, même si cette étude annonce des résultats prometteurs, de nombreuses analyses doivent encore être réalisées afin que les autorités américaines et européennes acceptent de commercialiser ce médicament. Biogen espère que cela sera possible dès 2020. « Il faut en principe deux études positives. Il n’y en a qu’une seule à l’heure actuelle. Une fois cette autorisation obtenue, nous n’en sommes pas encore au remboursement. Et, si nous avons ce remboursement, ce traitement sera destiné aux patients légers, donc à une petite proportion, à raison d’une perfusion par mois », a finalement conclu Claire Paquet.

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