pompei

Il est fascinant de constater que la plupart des vestiges archéologiques de civilisations anciennes sont retrouvés enfouis sous des couches de terre et de végétation. Plutôt que d’être simplement posés à la surface du sol, ces précieux témoins du passé exigent souvent des fouilles minutieuses pour être révélés. Entre facteurs naturels et influence humaine, l’ensevelissement de ces sites archéologiques relève d’une combinaison complexe de causes.

Le rôle des catastrophes naturelles

L’un des premiers facteurs qui viennent à l’esprit lorsque l’on aborde la question de l’ensevelissement des vestiges est le rôle des catastrophes naturelles. L’éruption volcanique, comme l’éruption du Vésuve qui a enseveli la ville de Pompéi, en est un exemple frappant. La lave, les cendres et les autres matériaux éruptifs peuvent recouvrir une ville entière en un rien de temps. 

Ce n’est pas uniquement l’œuvre des volcans ; des phénomènes tels que les tsunamis, les tremblements de terre ou les inondations peuvent aussi contribuer à l’enfouissement rapide de sites anciens.

L’abandon et la récupération par la nature

Un autre facteur d’ensevelissement des sites antiques est leur abandon. Des sites autrefois florissants peuvent également être délaissés et, au fil du temps, la nature reprend ses droits. Par exemple, des cités mayas ont été littéralement absorbées par la forêt tropicale, transformant leur emplacement en collines verdoyantes presque indiscernables. Au fil des siècles, la végétation pousse, les arbres se multiplient, et les collines naturelles se forment, recouvrant le site jusqu’à ce qu’il devienne méconnaissable. 

Ce processus de « retour à la nature » est lent mais inexorable, faisant monter le niveau du sol grâce à la décomposition de la matière organique. L’érosion, les inondations et les dépôts éoliens sont aussi responsables de l’accumulation de sédiments qui peut ensevelir les structures bâties.

— © Norberto_Fotografía_Negrete / Wikimedia Commons

Une superposition de générations

Cela dit, toutes les cités antiques ne sont pas abandonnées. Rome a été habitée sans interruption depuis 753 av. J.-C. Malgré cela, des fragments de son passé, tels que des sections de la Curie Julia, se trouvent enfouis bien en dessous du niveau actuel du sol. Une explication réside dans la matière organique environnante. Les débris végétaux se décomposent en terreau, faisant monter graduellement le niveau du sol. Les inondations du Tibre ont aussi contribué à apporter des sédiments supplémentaires.

Néanmoins, le principal moteur de ce phénomène d’ensevelissement est l’activité humaine elle-même. Les sociétés ont tendance à construire sur les fondations de leurs prédécesseurs, souvent sans éliminer les débris de manière méthodique. À Rome, comme à Londres, l’évolution d’un village en métropole impliquait souvent l’utilisation de débris de construction et de terre pour remblayer les rues existantes, créant ainsi un « sol artificiel » sur lequel de nouvelles structures étaient érigées.

Un édifice effondré pourrait simplement être recouvert, ses pierres récupérées pour de nouveaux projets, tandis que les tuiles et autres objets moins utiles seraient négligés. Cela permet, paradoxalement, de préserver un enregistrement pour les archéologues futurs, leur offrant des trésors cachés à mettre au jour. Chaque couche de terre peut être une capsule temporelle, contenant des indices cruciaux pour comprendre les sociétés qui nous ont précédés. 

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