Image d’illustration — Elenarts / Shutterstock.com

Une équipe internationale de paléontologues a récemment décrit une nouvelle espèce de titanosaure, dont les restes fossilisés ont été découverts sur le site de fouilles d’Orcau-1, dans le sud des Pyrénées espagnoles.

Abditosaurus kuehnei

Décrit dans la revue Nature Ecology & Evolution, ce fossile vieux de 70,5 millions d’années constitue le spécimen de titanosaure le plus complet jamais découvert en Europe, ainsi que le plus grand trouvé dans l’arc ibéro-armoricain, englobant l’Espagne et le sud de la France au Crétacé supérieur. Baptisé Abditosaurus kuehnei, celui-ci mesurait environ 17,5 mètres de long pour un poids avoisinant les 14 tonnes.

Si les premiers restes fossilisés de cette créature massive avaient été découverts en 1954 par le paléontologue allemand Walter Kühne, les travaux de terrain réalisés au cours des décennies suivantes ont permis la mise au jour d’un total de 53 éléments de squelette, dont plusieurs dents, des vertèbres, des côtes, des os des membres, de l’omoplate et du bassin, ainsi qu’un fragment semi-articulé du cou.

Les titanosaures étaient un groupe de dinosaures sauropodes particulièrement diversifiés et répandus ayant vécu il y a entre 83 et 66 millions. Quadrupèdes et phytophages, ces géants préhistoriques possédaient un corps massif et un cou extrêmement allongé leur permettant d’accéder à tous types de végétaux. À cette époque, l’Europe se résumait à un vaste archipel composé de dizaines d’îles, fournissant des ressources alimentaires limitées aux espèces de titanosaures les peuplant, qui se révélaient par conséquent moins imposants que le spécimen découvert dans les Pyrénées.

Différents restes fossilisés d’Abditosaurus kuehnei découverts sur le site d’Orcau-1 — © Institut Català de Paleontologia Miquel Crusafont (ICP)

« Les titanosaures européens du Crétacé supérieur avaient tendance à être plus petits en raison de leur évolution dans des conditions insulaires », explique le paléontologue Bernat Vila, auteur principal de l’étude. « Il existe de nombreux témoignages fossiles de cette tendance évolutive récurrente dans l’histoire terrestre, c’est pourquoi nous avons été étonnés par les grandes dimensions de ce spécimen. »

Un géant probablement originaire d’Afrique

Selon les auteurs de l’étude, Abditosaurus kuehnei appartenait probablement à un groupe de titanosaures saltasaurins massifs d’Amérique du Sud et d’Afrique, qui ont atteint l’arc ibéro-armoricain en profitant d’une baisse globale du niveau de la mer ayant réactivé les voies de migration entre l’Afrique et l’Europe.

« Au cours du Jurassique et du Crétacé, l’Ibérie était le point de connexion entre l’Eurasie, l’Afrique et l’Amérique du Nord », souligne Miguel Moreno-Asanza, co-auteur de l’étude. « La comparaison des caractéristiques de l’Abditosaurus à celles de la faune de ces continents nous aide à comprendre quand ces connexions ont eu lieu. »

Reconstruction artistique d’Abditosaurus kuehnei — © Oscar Sanisidro / Museu de la Conca Dellà
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