— Ascannio / Shutterstock.com

Aussi révoltant que cela puisse l’être, l’application TikTok a bel et bien demandé à ses modérateurs de ne plus publier des vidéos d’utilisateurs qu’ils jugent laids ou pauvres. L’application a également décidé de filtrer les logements considérés comme délabrés et tout ce qui n’est pas esthétiquement « acceptable ».

Pas de vidéos de personnes moches, grosses, pauvres ou handicapées sur TikTok

Afin d’essayer d’attirer de nouveaux utilisateurs sur la plateforme, les modérateurs de TikTok ont ​​censuré le contenu de personnes jugées trop laides, trop grosses, pauvres ou handicapées, selon des documents divulgués par The Intercept. Selon le rapport, TikTok, qui appartient à la société chinoise ByteDance, a demandé à ses modérateurs d’utiliser un algorithme pour rechercher des utilisateurs qui avaient une « forme de corps anormale », « des visages laids », ou qui avaient un « un gros ventre » et de nombreuses autres qualités esthétiques, afin de les empêcher d’accéder à la section « For You » de l’application.

Les directives interdisent également les vidéos de personnes qui semblent pauvres, mais également les lieux d’habitation « délabrés ». Des murs fissurés, des endroits qui affichent des signes de pauvreté ou des décorations désuètes sont d’autres critères qui peuvent entraîner la suppression d’une vidéo. « Si l’apparence de la personne n’est pas bonne, la vidéo sera beaucoup moins attrayante, ne valant pas la peine d’être recommandée aux nouveaux utilisateurs », peut-on lire dans les documents.

Par ailleurs, d’autres recommandations plus rationnelles ont également été données, comme l’interdiction d’accepter les vidéos montrant ou incitant à la violence, ou pouvant porter atteinte à l’honneur national chinois. En effet, toutes les vidéos qui pourraient porter atteinte au gouvernement chinois, à ses fonctionnaires ou à des groupes religieux ont été interdites. Les vidéos à caractère politique, les vidéos de catastrophes naturelles ou mettant en scène des militaires sont également bannies.

La censure discriminatoire n’est pas une nouveauté pour TikTok

TikTok n’a pas tardé à réagir face aux informations dévoilées par le document. Le porte-parole de la société, Josh Gartner, a notamment déclaré que les politiques signalées étaient obsolètes ou n’avaient jamais été officiellement utilisées. Selon The Guardian, le porte-parole a également déclaré que l’objectif était d’empêcher l’intimidation sur la plate-forme, dans un effort malavisé pour les empêcher de devenir le centre d’attention d’éventuels détracteurs. Par ailleurs, TikTok a également essayé de dénoncer le fait que le rapport n’était pas fiable.

Par ailleurs, Josh Gartner a tenu à mettre l’accent sur le fait que ces mesures discriminatoires ne sont plus utilisées par TikTok à l’heure actuelle. Rappelons que ce n’est pas la première fois que TikTok fait face à un scandale lié à la discrimination. En fin d’année 2019, des documents publiés par Netzpolitik ont rapporté que l’application censurait les utilisateurs LGBTQ. En 2019, The Guardian a également découvert que TikTok ordonnait la censure des vidéos qui mentionnent la place Tiananmen, l’indépendance tibétaine ou le soutien au groupe religieux Falun Gong.

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C’est un cas de racisme.