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Des chercheurs américains ont mis au point un nez électronique capable de repérer les signes de cancer dans des échantillons de plasma sanguin. Lors de tests, l’appareil a été capable de détecter plusieurs types de cancer avec une précision de plus de 90 %.

Une méthode de dépistage relativement récente

Les composés organiques volatils (COV) sont des substances chimiques responsables des odeurs, dont les mélanges varient selon les sources. Des instruments sensibles, tels que notre nez, peuvent détecter de subtiles différences dans la composition et le rapport de ces COV et déterminer si l’odeur est celle du café ou des œillets.

Au fil des années, les scientifiques ont cherché à déterminer comment les COV émis par le cancer pourraient être efficacement détectés. Des chiens renifleurs se sont révélés capables de dépister le cancer du poumon dans l’haleine des patients, et des dispositifs électroniques expérimentaux ont depuis pris le relais pour le diagnostic des cancers de l’estomac, de l’œsophage et de la tête et du cou, avec des résultats prometteurs.

Pour cette nouvelle étude présentée à l’occasion de la conférence 2021 de l’American Society of Clinical Oncology, les chercheurs de l’université de Pennsylvanie ont utilisé un nez électronique pour analyser des échantillons de plasma sanguin à la recherche de signes de cancers normalement difficiles à détecter (pancréas, ovaires…). Le dispositif s’appuie sur des algorithmes ayant été préalablement formés pour associer des combinaisons spécifiques de COV aux différents cancers, et également déterminer le stade de progression de ces derniers ainsi que leur malignité.

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Des résultats préliminaires impressionnants

L’équipe a étudié les échantillons de 93 personnes – 20 atteintes d’un cancer de l’ovaire, 20 d’une tumeur ovarienne bénigne, 13 d’un cancer du pancréas, 10 d’une maladie pancréatique bénigne et 30 sujets témoins de même âge et de même sexe. Le nez électronique a été capable de détecter le cancer de l’ovaire avec une précision de 95 % ainsi que celui du pancréas avec une précision de 90 %. Pour ces deux types de cancer, il a également permis de repérer les huit patients atteints de la maladie à un stade précoce, ce qui suggère qu’il pourrait être utile comme outil de diagnostic pour la détecter avant qu’elle ne s’aggrave.

« Il s’agit d’une étude préliminaire, mais les résultats sont très prometteurs », déclare Charlie Johnson, co-auteur de l’étude. « Les données montrent que nous pouvons identifier ces tumeurs à la fois à un stade avancé et précoce, ce qui est formidable. S’il est développé de manière appropriée pour le contexte clinique, ce test pourrait potentiellement être réalisé à l’occasion d’un bilan médical annuel, impliquant une prise de sang classique. »

Bien entendu, il convient de garder à l’esprit que cette étude n’a porté que sur une petite cohorte, de sorte que des essais beaucoup plus importants seront nécessaires afin de valider ces résultats.

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Callicarpa

Ça fait 50 ans que des résultats sont prometteurs dans la détection des cancers. 50 ans …