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Une pratique largement controversée. Les voyageurs internationaux se rendant dans certaines villes chinoises sont tenus de se soumettre à des tests de dépistage du Covid-19 par écouvillonnage anal.

Des tests à l’origine d’une « grande détresse psychologique »

Il y a quelques jours, des responsables japonais ont révélé que plusieurs de leurs citoyens arrivant en Chine avaient été soumis à ce type de dépistage, à l’origine d’une « grande détresse psychologique », auquel plusieurs diplomates américains avaient également été contraints en février, suscitant l’indignation du département d’État. Bien que l’on ignore le nombre exact de voyageurs internationaux concernés, Pékin et Shanghai auraient exigé ces tests pour certains arrivants, selon le New York Times.

D’après certains médecins chinois, ces tests sont pratiqués pour identifier les porteurs silencieux du virus (asymptomatiques ou développant des symptômes légers mais se rétablissant rapidement), car le SARS-CoV-2 peut être détecté dans les selles pendant une période plus longue.

« Il est possible que les prélèvements de gorge ne soient pas efficaces pour ces personnes », a estimé Li Tongzeng, spécialiste des maladies infectieuses. « Pour certains individus infectés, la durée des résultats nucléiques positifs était plus longue pour les selles et les écouvillons anaux que pour les tests PCR, par conséquent l’écouvillonnage anal peut améliorer le taux de détection des personnes infectées. »

― Robert Way / Shutterstock.com

Les citoyens chinois seraient également concernés. En janvier dernier, plus de 1 000 élèves et enseignants d’un district scolaire de Pékin avaient subi des tests de dépistage par écouvillonnage anal et nasal après qu’un élève de 9 ans du district a été testé positif. Tandis que plusieurs personnes séjournant dans des hôtels de quarantaine suite à leur retour de l’étranger ont également rapporté y avoir été soumises.

Une méthode de dépistage largement remise en question

Cette méthode de dépistage suscite la controverse parmi les experts, y compris en Chine. En début d’année, Yang Zhanqiu, directeur adjoint du département de biologie des agents pathogènes de l’université de Wuhan, avait déclaré au Global Times que les tests nasaux et pharyngés étaient toujours plus efficaces que les tests anaux, étant donné que le virus se propageait par les gouttelettes respiratoires plutôt que par les selles.

« Si l’objectif des tests est d’empêcher une personne infectée de propager le virus, alors les tests nasaux/de gorge sont les plus efficaces », avait-il expliqué.

Pour Benjamin Cowling, professeur de santé publique à l’université de Hong Kong, « l’intérêt de détecter les personnes porteuses du virus est de stopper la transmission ». Par conséquent, « si un individu a contracté le virus mais qu’il n’est pas contagieux pour les autres, il est inutile de le dépister ».

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Il n’arrive plus à pied par la Chine.