— Javier Romera / Shutterstock.com

Les tweets transphobes publiés par J. K. Rowling continuent décidément de faire parler d’eux. En effet, ce sont désormais des fans qui se posent une question particulièrement épineuse : pouvons-nous assumer son ou ses tatouages Harry Potter face aux affirmations transphobes de J. K. Rowling ? 

Il faut séparer l’oeuvre de l’artiste

En plus d’être une des sagas les plus incroyables, Harry Potter a été et est encore aujourd’hui pour beaucoup un réel pilier, une bouffée d’oxygène, y compris pour des membres de la communauté LGBT+. Néanmoins, J. K. Rowling en a récemment déçu plus d’un en publiant des tweets transphobes. Un vrai choc pour de nombreux fans, dont certains regrettent même d’avoir un tatouage Harry Potter encré dans leur peau. Une situation qui fait d’ailleurs écho au fameux “il faut séparer l’oeuvre de l’artiste”, qui avait fait l’objet d’un houleux débat notamment avec Roman Polanski. Bien au-delà de savoir si l’on peut continuer à apprécier l’oeuvre si l’artiste est transphobe, certains fans se demandent effectivement désormais ce qu’ils vont faire de leur tatouage.

A ce sujet, MEL Magazine a eu l’occasion d’interviewer plusieurs individus s’étant fait tatouer en rapport avec la saga. “Ces livres étaient très importants pour moi, car j’ai grandi en étant queer dans une toute petite ville très homophobe. M’identifier à des personnages qui étaient rejetés mais se battaient pour ce en quoi ils croyaient, c’était vraiment puissant. Ce qui m’embête pas mal c’est à quel point le fait d’être loup-garou semble être un symbole pour le VIH/SIDA. L’antisémitisme des gobelins de Gringotts, le fait qu’il y ait si peu de personnages racisés, etc. Je ne remarquais pas ça quand j’étais gosse, mais un été, en revenant chez mes parents, j’ai relu la saga et je me suis souvent dit : “Bordel, mais c’est quoi ça ?!”. Chaque fois que J. K. Rowling s’exprime, je regrette un peu plus mon tatouage. […] Ses opinions sur le sexe biologique me touchent particulièrement parce que j’ai récemment accepté ma non-binarité et j’en ai marre qu’on me dise qu’il n’y a que les femmes qui ont leurs règles. […] Au sujet de mon tatouage, je l’ai fait sur un coup de tête et au final je le regrette. Donc je ne veux pas le faire recouvrir, sur un coup de tête, par quelque chose que je regretterai à nouveau dans quelques années”, a par exemple témoigné Cora, 24 ans.

D’autres fans, comme Emmett, homme trans, ne souhaitent également pas faire recouvrir leur tatouage : “Ça fait un moment qu’on discute, entre fans, du fait qu’Harry Potter n’appartient plus vraiment à J. K. Rowling mais à nous, et du fait que les belles choses qui sont nées d’Harry Potter ne sont pas venues des livres mais du lectorat. Les merveilleux sentiments de tolérance et d’amour que nous ressentons via ces livres, selon moi […] ne sont pas forcément quelque chose que J. K. Rowling nous a offert mais plutôt quelque chose que nous avons créé pour nous-mêmes.

J. K. Rowling est partie en vrille

Contrairement à Cora et Emmett, certains souhaitent carrément faire recouvrir leur tatouage. Cela est le cas de Andrew, également interrogé par MEL Magazine : “Même si Harry Potter m’a appris que l’amour et la tolérance sont les plus puissantes des armes, je ne me vois pas conserver ce symbole dont le sens a changé à mes yeux. Harry Potter aura toujours une place spéciale dans mon cœur, mais il est temps pour moi de refermer ce livre, par respect et en geste de solidarité envers mes frères et sœurs trans. En attendant, tout ce que j’ai, c’est ce tatouage et un voyage qui a commencé dans un placard sous l’escalier.” Caldwell, homme trans interviewé par Buzzfeed News et s’étant fait tatouer la Marque des Ténèbres à 18 ans, souhaite également recouvrir son tatouage : “Je regarderai quand même les films et j’y prendrai du plaisir, mais tant que J. K. Rowling n’arrête pas de blablater et de faire de l’argent avec sa saga, je ne peux pas vraiment dissocier l’œuvre de l’artiste.

Par ailleurs, Molly Ostertag, illustratrice résidant à Los Angeles, recouvre les tatouages Harry Potter. Au lieu de garder l’argent récolté pour elle, elle a d’ailleurs décidé de le reverser au TWOCC, le Trans Women of Color Collective. “J. K. Rowling est partie en vrille il y a quelques jours, et ça m’a énervée pour deux raisons. Déjà, c’était en plein milieu d’un moment important et vibrant concernant la lutte contre le racisme. Et aussi, c’est Pride Month ; les personnes noires et trans luttent contre tellement de choses qui les blessent… j’étais incroyablement frustrée qu’elle utilise son argent pour tenir des propos discriminatoires”, a rapporté l’artiste à Buzzfeed News.

« J’ai passé la journée à dessiner des dissimulations pour les tatouages ​​Harry Potter en échange de dons à http://twocc.us/donate – J’ai encore beaucoup à faire et je n’en prends plus, mais en voici quelques-unes que j’ai aimées aujourd’hui ! »

Qu’en pensez-vous ? Si jamais vous avez un tatouage Harry Potter, souhaitez-vous désormais le faire recouvrir ?

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Soriani

A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto…
Mais plus proche de nous, Eistein l’a dit également.