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Des laits en poudre pour bébés des grandes marques Nestlé et Danone sont contaminées par des huiles minérales toxiques, selon des tests réalisés par l’ONG Foodwatch qui se bat pour une alimentation sans danger et saine pour tous.

Des produits contaminés par des substances toxiques…

L’association Foodwatch a révélé la contamination des laits en poudre destinés aux tout-petits. L’enquête réalisée par l’ONG porte sur 16 laits en poudre, dont ceux qui sont commercialisés en France par Danone et Nestlé, ainsi que des laits en poudre Neolac, Hero Baby et Nutrilon achetés en Allemagne et aux Pays-Bas. Sur les 16 testés, huit contenaient une « quantité préoccupante d’hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales, aussi appelés MOAH », explique Foodwatch dans son communiqué.

Ces huiles sont un mélange de substances obtenues après la distillation de combustibles fossiles, comme le pétrole ou le charbon. Celles-ci peuvent être utilisées comme lubrifiants dans des machines, dans l’industrie cosmétique ou dans des transformateurs électriques.

… qui présentent des risques pour la santé

En France, ce sont les laits en poudre Nestlé Nidal 1er âge, destinés aux bébés entre 0 et 6 mois et les laits en poudre Danone Galliagest Croissance 3 sans lactose, destinés aux petits de 12 mois à trois ans, qui sont concernés. « Les tout-petits qui consomment les laits testés par Foodwatch ne sont pas exposés à un danger immédiat », explique l’ONG. Toutefois, elle poursuit en expliquant que « les recommandations de l’Anses (l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) ainsi que son équivalent européen, l’EFSA, sont très claires : toute exposition aux hydrocarbures aromatiques par l’alimentation présente des risques pour la santé« . Ces substances toxiques peuvent être cancérogènes, mutagènes (entraînant des changements durables dans l’ADN) et des perturbateurs endocriniens.

Camille Dorioz, responsable de campagne chez Foodwatch France, alerte en expliquant que « ces hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales, les MOAH, n’ont rien à faire dans nos aliments, et encore moins dans les produits destinés aux tout-petits. Nous ne pouvons tolérer que les laits en poudre contaminés de Nestlé et Danone restent un jour de plus en rayons. Ils doivent être rappelés du marché immédiatement et partout. »

Une propagation de la contamination au sein de la chaîne de production ?

Il est encore complexe de savoir à quel moment de la production ces huiles se retrouvent dans ces produits. La contamination pourrait se produire « tout au long de la chaîne de production, de la récolte à l’emballage, en passant par le traitement ultérieur ». Cette contamination pourrait être due aux boîtes en métal, qui pourraient nécessiter l’utilisation de ces huiles pour être fabriquées.

Depuis 2015, Foodwatch alerte sur ces contaminations à base de substances toxiques. 120 produits avait alors été testés en Europe. Résultats : 60 % des produits testés achetés en France étaient contaminés par les huiles minérales les plus dangereuses (MOAH, ndlr). Six des plus importants distributeurs français s’étaient alors engagés à éliminer ces contaminations. Malheureusement, connu par l’industrie, les autorités et les agences sanitaires, « le problème n’est toujours pas réglé » quatre années plus tard.

En 2017, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) avait également remis aux autorités un « avis recommandant de traiter de cette question en priorité ». Encore une fois, ni la France ni l’Union européenne n’ont encore mis en place des mesures durables pour garantir la protection des consommateurs.

Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch France, s’indigne face à cette situation inquiétante : « Quand il s’agit de santé publique, il n’y a pas de place pour l’incertitude. Aujourd’hui, quand on achète des produits alimentaires, on n’a aucun moyen de savoir s’ils sont contaminés par ces huiles minérales, invisibles à l’œil nu. Or les risques sont bien connus. Toutes les marques ont la responsabilité de s’engager à ne vendre que des produits alimentaires sans présence de MOAH détectable. Et c’est bien sûr in fine le devoir des pouvoirs publics d’imposer une règlementation qui protège tous les consommateur(trice)s. Nous ne lâcherons rien ! » « Toute présence détectable de MOAH dans un produit alimentaire est par conséquent inacceptable« , insiste l’ONG. En exigeant le rappel immédiat de ces produits contaminés, Foodwatch lance une pétition en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Un moyen efficace pour alerter les autorités sur les dangers potentiels de telles substances.

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