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Stonehenge : le mystère du transport de sa pierre de 6 tonnes sur 700 km éclairci

« Outre une connaissance approfondie du terrain, une coordination et une détermination sans faille auraient été nécessaires »

Stonehenge
— Enea Kelo / Shutterstock.com

Site préhistorique incontournable situé dans le sud de l’Angleterre, Stonehenge abrite une pierre centrale massive. De nouvelles recherches contribuent à éclairer « l’épopée » de ce bloc de grès de six tonnes.

Aux origines de la pierre d’autel de Stonehenge

En 2024, des analyses chimiques avaient montré que la pierre d’autel de Stonehenge ne provenait pas des formations rocheuses géologiques environnantes, mais du nord de l’Écosse. Plus précisément le bassin des Orcades, à quelque 700 kilomètres de là. À l’époque, la piste d’un convoyage par les glaciers avait été écartée, en raison de mouvements supposément opposés au cours du dernier million d’années écoulé.

Dans le cadre de travaux publiés dans le Journal of Quaternary Science, des chercheurs de l’université australienne Curtin ont procédé à la datation de sédiments minéraux et réalisé une nouvelle série de modélisations avancées de l’évolution des calottes glaciaires.

Celles-ci suggèrent que les langues glaciaires auraient pu contribuer à la redistribution de matériaux rocheux dans le nord de l’Europe, notamment vers des zones aujourd’hui submergées comme le Doggerland (à l’est de la Grande-Bretagne), réduisant ainsi d’environ 300 kilomètres le trajet global entre l’Écosse et Stonehenge.

Selon l’équipe, les 400 kilomètres restants n’auraient pu être couverts que grâce à la logistique humaine. « Les preuves actuelles indiquent un déplacement délibéré et soigneusement planifié à travers des paysages accidentés et variés », note Anthony Clarke, auteur principal de la nouvelle étude.

Entreprise préhistorique

De façon encore plus intrigante, à l’époque de la construction de Stonehenge, il y a plus de cinq millénaires, il n’existait vraisemblablement aucune autorité centralisée et organisée en Grande-Bretagne. Le transport de la pierre aurait par conséquent nécessité le concours de plusieurs communautés préhistoriques, ne disposant ni de cartes, ni d’engins terrestres à même de le faciliter.

Cette opération en plusieurs étapes aurait sans doute impliqué un convoyage fluvial ou côtier lorsque cela était possible. « Outre une connaissance approfondie du terrain, une coordination et une détermination sans faille auraient été nécessaires », estime Clarke.

Pour son équipe, les prochaines étapes consisteront à établir la formation écossaise spécifique dont provient la pierre d’autel, et à préciser le rôle joué par les glaciers dans sa « migration » vers le sud.

La construction des grandes pyramides d’Égypte reste également entourée de mystères. Il y a quelques années, une étude avait suggéré le transport des énormes blocs de pierre les composant via un bras du Nil aujourd’hui asséché.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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