pyramides de Gizeh
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Une équipe internationale de scientifiques a découvert des preuves indiquant qu’un ancien bras du Nil coulait autrefois si près de Gizeh qu’il aurait pu être utilisé pour transporter les énormes blocs de pierre nécessaires à la construction de pyramides.

Le bras de Khéops

Publiés dans la revue PNAS, ces travaux ont impliqué le prélèvement de carottes de sédiments sur plusieurs sites de Gizeh et ses environs ainsi que l’analyse des grains de pollen fossilisés qui y étaient piégés depuis des millénaires. Ces examens ont montré qu’ils provenaient principalement de plantes herbacées semblables à celles qui bordent le Nil aujourd’hui.

L’équipe a également identifié des traces de quelques plantes marécageuses poussant généralement sur les rives des lacs, indiquant que le niveau du bras de Khéops était resté élevé pendant une longue période.

Mises en relation avec les résultats de précédents travaux portant sur les couches rocheuses encadrant les pyramides, ces découvertes ont permis de reconstituer l’évolution du bras de Khéops au cours des 8 000 dernières années. L’analyse a montré que ses niveaux étaient très probablement assez élevés pour couvrir presque tout le chemin jusqu’à Gizeh (aujourd’hui situé à sept kilomètres du Nil) à l’époque où ses trois pyramides principales (Khéops, Khéphren et Mykérinos) ont été érigées.

« Ce bras est resté à un niveau élevé [40 % de son maximum holocène] pendant les règnes de Khéops, Khéphren et Mykérinos, facilitant le transport des matériaux de construction vers le complexe pyramidal de Gizeh », soulignent les auteurs de l’étude. « De la troisième à la cinquième dynastie, il a clairement offert un environnement propice à l’émergence et au développement du chantier des pyramides, en permettant le transport des pierres et des matériaux par bateau. »

Un assèchement progressif

Peu de temps après le règne de Toutânkhamon, le niveau du bras de Khéops a commencé à baisser, entraînant l’aridification de la région. Un changement fondamental que des analyses antérieures des niveaux d’oxygène dans les os et les dents de momies de cette période, suggérant une période de faible accès et consommation d’eau, avaient également mis en évidence.

Au moment où Alexandre le Grand a conquis l’Égypte (332 avant notre ère), le bras de Khéops n’était plus qu’un petit canal.

Selon les auteurs de l’étude, leur approche pourrait être utilisée afin de mieux cerner l’impact des variations du débit des fleuves et rivières sur d’autres civilisations anciennes, et ainsi apporter un nouvel éclairage sur le rôle des facteurs naturels dans le développement de l’humanité.

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