Menés par une équipe internationale de scientifiques, ces nouveaux travaux ont montré que la faune sous-marine se révélait « remarquablement résiliente », malgré les dommages causés par l’activité humaine. Selon leurs auteurs, de nombreuses populations océaniques pourraient être restaurées d’ici 2050, si les mesures nécessaires sont prises rapidement.

Un rétablissement substantiel de nombreux écosystèmes océaniques envisageable d’ici deux à trois décennies

Le réchauffement et l’acidification des océans, la pollution plastique ou encore la surpêche constituent autant de facteurs affectant la vie marine et menaçant sa pérennité. Mais cette récente étude publiée dans la revue Nature offre des raisons d’espérer un avenir meilleur. Les chercheurs ont en effet souligné qu’en dépit des pertes de biodiversité marine massives au cours du XXe siècle, certaines populations connaissaient aujourd’hui une résurgence, grâce à l’adoption de mesures de conservation des décennies plus tôt.

Afin d’illustrer cela, les auteurs de l’étude évoquent notamment le cas des baleines à bosse migrant de l’Antarctique vers l’est de l’Australie, dont les populations sont passées de quelques centaines de spécimens en 1968, avant l’interdiction de la chasse à la baleine, à plus de 40 000 aujourd’hui.

Selon eux, un « rétablissement substantiel » de nombreux écosystèmes océaniques pourrait même être atteint d’ici 20 à 30 ans si les pressions pesant actuellement sur les océans étaient atténuées et des politiques de conservation de grande envergure mises en place rapidement.

Selon le rapport, près de la moitié des 124 espèces de mammifères marins voient actuellement leur population croître. Ses auteurs soulignent également la progression de la pêche durable à l’échelle mondiale, passée de 60 % en 2000 à 68 % en 2012.

« La surpêche et le changement climatique resserrent leur étreinte sur les océans, mais la situation n’est pas irréversible »

Incluant la protection de différentes espèces et de vastes étendues océaniques, une pêche mondiale encore plus durable, la lutte contre la pollution agricole et plastique (avec 12 millions de déchets déversés chaque année dans les océans) et l’atténuation du changement climatique, les mesures à mettre en œuvre pour atteindre cet objectif coûteraient plusieurs milliards de dollars par an, mais apporteraient des bénéfices 10 fois plus élevés selon les auteurs de l’étude.

« La surpêche et le changement climatique resserrent leur étreinte sur les océans, mais la situation n’est pas irréversible. Nous possédons aujourd’hui les compétences et l’expertise nécessaires pour pouvoir restaurer des habitats marins vitaux, tels que les récifs, les mangroves ou encore les marais salants, qui permettent de garder nos mers propres, de protéger nos côtes et de soutenir des écosystèmes entiers », estime le professeur Callum Michael Roberts, biologiste à l’université de New York.

Mais, comme le rappelle le Dr Carlos Duarte, professeur de sciences marines à l’université des sciences et technologies du roi Abdallah et auteur principal de l’étude, le temps presse : « Nous disposons d’une étroite fenêtre d’opportunités pour offrir un océan sain à la génération de nos petits-enfants. »

Bien que les aires marines protégées représentent aujourd’hui 7,4 % de la surface des océans, cela reste encore insuffisant selon les scientifiques. — V_E / Shutterstock.com

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