La température des océans, qui absorbent une part énorme de la chaleur emprisonnée par les gaz à effet de serre, a atteint un niveau record en 2019. Un triste constat qui illustre une nouvelle fois le réchauffement accéléré de la planète.

Quantifier le réchauffement des océans pour comprendre le réchauffement climatique

Présentée dans la revue Advances in Atmospheric Sciences, cette nouvelle étude alarmante montre que le réchauffement des océans ne cesse de s’amplifier. Un phénomène qui entraîne une élévation inexorable du niveau de la mer, engendrée aussi par la fonte des glaces, des tempêtes plus violentes et qui perturbe le cycle de l’eau, ce qui se traduit par davantage d’inondations, de sécheresses et d’incendies à l’échelle du globe. « Si vous voulez comprendre le réchauffement climatique, vous devez quantifier le réchauffement des océans », détaille John Abraham, auteur principal de l’étude.

Lorsqu’il est question de réchauffement climatique, beaucoup d’importance est généralement accordée aux records de températures terrestres, mais les océans absorbant plus de 90 % de la chaleur emprisonnée par les gaz à effet de serre, la mesure de leur température constitue un indicateur majeur de son évolution. Des eaux plus chaudes ont également tendance à dissoudre moins d’oxygène, ce qui les rend par conséquent moins respirables pour les poissons et les crustacés. Récemment, l’UICN a estimé que nos océans avaient perdu environ 2 % de leur oxygène entre 1960 et 2010.

— Snorre Roberg / Shutterstock.com

Des températures océaniques record

Afin d’évaluer la hausse de température des océans, les chercheurs se sont basés sur les données de l’Institut de physique atmosphérique (IAP), en Chine, ainsi que celles de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), aux États-Unis. Leurs calculs ont montré qu’en 2019, les températures océaniques avaient atteint un niveau record : elles étaient supérieures d’environ 0,075 °C à la moyenne annuelle enregistrée entre 1981 et 2010.

Si cette hausse peut sembler infime au premier abord, la quantité d’énergie thermique nécessaire pour l’entraîner est d’environ 228 sextillions de joules. Comme le souligne Lijing Cheng, professeur agrégé d’océanographie à l’IAP : « Cela signifie que les océans ont absorbé l’équivalent énergétique de 3,6 milliards de bombes atomiques d’Hiroshima en l’espace de 25 ans. » Les scientifiques ont constaté que la vitesse à laquelle les océans se réchauffaient avait également tendance à s’accélérer : entre 1987 et 2019, leur taux de réchauffement était près de 4,5 fois supérieur à celui enregistré entre 1955 et 1986.

Selon les auteurs de l’étude, le réchauffement océanique est « très probablement irréversible », ce qui sous-entend qu’en dépit des mesures prises pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, l’humanité sera contrainte de s’adapter aux changements induits par ce phénomène.

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