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Une nouvelle espèce de requin « marcheur » découverte en Papouasie-Nouvelle-Guinée

Il s’agirait également de la plus menacée

— © Mark Erdmann

Si les locaux étaient depuis longtemps au courant de sa présence, une récente expédition scientifique le long des côtes de Papouasie a conduit à la description d’une nouvelle espèce de requin marcheur, la dixième jamais répertoriée.

Hemiscyllium dudgeonae

Les squales du genre Hemiscyllium, mieux connus sous le nom de « requins marcheurs » ou « requins à épaulettes », présentent la particularité d’utiliser leurs nageoires pectorales comme des pattes pour se dandiner sur le fond marin ainsi que les plateaux récifaux à marée basse. Leur régime alimentaire se compose essentiellement de petits invertébrés.

Baptisée Hemiscyllium dudgeonae, la nouvelle espèce avait été aperçue pour la première fois en mars 2025, alors qu’elle évoluait dans moins d’un mètre d’eau au niveau de la baie de Milne, réputée pour ses prairies d’herbiers marins. Comme l’explique Christine Dudgeon, scientifique australienne en l’honneur de laquelle la nouvelle espèce a été nommée, son équipe recherchait initialement Hemiscyllium michaeli, observé à plusieurs reprises dans la zone.

Tétanisé par la lueur de sa lampe torche, le spécimen d’environ 75 centimètres de long a été saisi en douceur par Dudgeon, qui a utilisé une prise inspirée du jiu-jitsu afin de le placer rapidement tête en bas, le plongeant dans un état d’immobilité tonique. Celui-ci a ensuite été examiné à bord du bateau utilisé par l’équipe.

« Au premier coup d’œil, il était évident que sa couleur et ses motifs [rappelant la robe du requin léopard] étaient différents de ceux des autres requins marcheurs connus, aux tailles et morphologies remarquablement similaires », explique Jess Blakeway, co-auteure de la nouvelle étude, publiée dans le Journal of the Ocean Science Foundation.

— © Nesha Ichida

Une nouvelle espèce en danger

Au cours des jours suivants, 11 autres H. dudgeonae ont été identifiés lors de plongées et des prélèvements réalisés pour 9 d’entre eux. De retour dans leur laboratoire, Dudgeon et ses collègues ont procédé à une série de séquençages ADN qui ont permis de confirmer qu’il s’agissait bien d’une espèce nouvelle pour la science.

Selon Blakeway, le développement côtier rapide, l’expansion des plantations de palmiers à huile et les épisodes de blanchissement corallien impactent lourdement les populations de requins marcheurs de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le fait que H. dudgeonae ne se trouve que dans la baie de Milne suggère qu’il s’agit potentiellement de l’espèce la plus menacée.

« Ce nouveau squale illustre l’extraordinaire biodiversité de la région, mais il pourrait bien disparaître en l’absence de mesures de conservation drastiques », estime la chercheuse.

Précédemment, c’est une espèce de requin que l’on pensait disparue depuis un demi-siècle qui avait été observée dans les eaux papouasiennes.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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