— Ethan Daniels / Shutterstock.com

D’après une récente étude, des scientifiques ont découvert quatre nouvelles espèces de requins ayant évolué de manière tout à fait particulière. En effet, ceux-ci sont capables de marcher sur le sol à l’aide de leurs nageoires. Ces animaux marins portent le nom de requins-chabot épaulettes.

Quatre nouvelles espèces de requins capables de marcher

Dans cette étude, publiée le lundi 27 janvier 2020 dans la revue Marine and Freshwater Research, les scientifiques de l’université du Queensland rapportent que ces requins font partie de la famille des Hemiscyllium hallstromi, autrement dit une nouvelle espèce de requins. Considérés comme des « requins marcheurs », ils se nourrissent surtout de petits poissons, de vers et de crustacés. Ils peuvent mesurer jusqu’à 1,10 m de long. Grâce à des nageoires spécifiques, ils sont capables de traverser les fonds des océans. Leur habitat naturel se situe au niveau des côtes du nord de l’Australie et au large de la Nouvelle-Guinée. Ils peuvent également se déplacer à l’aide de leurs nageoires même lorsqu’ils ne sont pas sous l’eau. La découverte de ces quatre nouvelles espèces de requins capables de marcher porte donc à neuf le nombre total d’espèces de « requins marcheurs« .

Ces animaux ont été découverts à l’occasion d’une étude de douze ans. « Les épaulettes ou requins marcheurs sont petits et capables de résister aux pressions de la gravité lorsqu’ils sortent de l’eau« , explique-t-elle également. Ils sont capables de résister à des environnements pauvres en oxygène et marcher grâce à leurs nageoires leur donne un avantage en tant que prédateurs de crustacés et de mollusques.

En étudiant les mouvements des plaques tectoniques, les chercheurs sont parvenus à dater l’évolution de ces espèces vers des modes de déplacement qui allient marche et nage. Des modes de déplacement qui se sont adaptés à des eaux profondes de quelques centimètres. Résultats : certaines espèces se seraient développées il y a seulement deux millions d’années. Ces requins s’adaptent donc très facilement à leur milieu naturel qui évolue.

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Des espèces qui auraient un ancêtre commun

Dans leur étude, les scientifiques considèrent que ces espèces de requins sont toutes issues du même ancêtre. Une théorie confirmée à l’aide d’études de leur ADN mitochondrial. « Nous avons estimé le lien entre les espèces sur la base de comparaisons entre leur ADN mitochondrial qui est transmis par la lignée maternelle« , explique Christine L. Dugeon, une des auteurs de l’étude.

« Les données suggèrent que les nouvelles espèces ont évolué après que les requins se sont éloignés de leur population d’origine, se sont isolés génétiquement dans de nouvelles zones et se sont développés en nouvelles espèces« , précise-t-elle. « Ils se sont peut-être déplacés en nageant ou en marchant sur leurs ailerons, mais il est également possible qu’ils se soient « accrochés » à des récifs qui se déplaçaient vers l’ouest en traversant le sommet de la Nouvelle-Guinée, il y a environ deux millions d’années. » Les chercheurs ont montré que les cinq espèces déjà existantes vivaient dans des eaux chaudes entourant la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ils auraient ensuite migré vers des mers moins profondes en raison du refroidissement des océans à partir de 10 millions d’années avant notre ère.

Il existe également d’autres animaux marins dont les ancêtres sont parvenus à marcher au cours de leur développement, tels que les baleines. En 2019, la découverte au Pérou d’un fossile d’une baleine de 43 millions d’années a permis de montrer comment celle-ci était capable de supporter son poids à l’aide de ses nageoires pour se déplacer sur le sable.

Christine Dugeon précise également que certains grands prédateurs, tels que le grand requin blanc, ne devraient pas pouvoir évoluer pour marcher sur le sol. « Les grands requins blancs sont très lourds, et je ne pense pas qu’il serait possible pour les fines nageoires de devenir suffisamment musclées pour soulever leur corps hors de l’eau. »

« Il reste de nombreuses découvertes à faire. Et cette étude ne se concentre même pas sur les animaux en eaux profondes mais plutôt dans les eaux très peu profondes où ils sont accessibles« , conclut-elle.

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