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Le réchauffement climatique est un problème qui touche la Terre entière… Des chercheurs ont cependant découvert qu’une zone particulière était épargnée par le phénomène : quelque part dans l’océan en Antarctique, la température ne grimpe pas, bien au contraire !

La chaleur reste emprisonnée dans les profondeurs

Jusqu’à présent, il s’agissait d’un véritable mystère pour les scientifiques… Des chercheurs de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse, et de l’université de Princeton, aux Etats-Unis, pensent cependant avoir percé le secret qui entoure cet endroit très spécial de la Terre.

Alors que partout dans le monde, la température a augmenté de 0,5 à presque 2 °C, les chercheurs ont constaté que c’est exactement le contraire qui se passe dans une partie de l’océan qui borde l’Antarctique. Du côté de cette zone que certains appellent l’océan Austral, la température de surface a en effet baissé d’environ -0,1 °C tous les dix ans depuis 1980.

Les chercheurs ont émis et vérifié de nombreuses hypothèses pour expliquer pareil phénomène : ils ont par exemple avancé que c’est peut-être parce que la circulation océanique est plus forte. Ou alors, il se pourrait que ce soit à cause du flux d’eau douce issu de la fonte des glaces devenu plus important au cours des dernières années.

Aucune de ces théories ne pouvait cependant expliquer la baisse de température des eaux dans l’océan Austral. Finalement, les dernières simulations menées par les chercheurs leur ont permis d’avancer une nouvelle hypothèse qui semble cette fois-ci être la bonne : le phénomène serait lié au fait que la banquise de l’Antarctique ait gagné en surface. Entraînés vers le large, les morceaux de glace fondent en effet dans l’océan et réduisent la salinité en surface.

Or, il se trouve que cela renforce la stratification verticale de l’eau, dont les 100 premiers mètres sont composés d’une eau plutôt douce, tandis qu’en profondeur, la salinité est extrêmement plus dense. Résultat : la chaleur est alors emprisonnée par l’eau salée, tandis que l’eau douce reste plus fraiche, d’où la baisse de température à la surface.

Faut-il remettre en question les effets du réchauffement climatique ?

Face aux explications avancées par les chercheurs, certains pourraient penser que, finalement, les effets du réchauffement climatique ne sont peut-être pas aussi graves que ça. Les auteurs de l’étude insistent cependant sur le fait qu’il s’agit d’un phénomène unique. Il ne faut pas l’utiliser comme prétexte pour minimiser les conséquences de l’effet de serre sur le monde.

Comme l’explique Nicolas Gruber de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich : « Un refroidissement dans une seule zone de l’océan ne doit pas être interprété comme une réduction du réchauffement à long terme du système climatique mondial dans son ensemble. » Il a également ajouté qu’« il s’agit simplement d’une redistribution de la chaleur dans l’océan Austral de la surface vers les couches profondes de l’océan. » « Nous supposons que les vents forts qui poussent la glace de mer dans l’océan Austral vers le nord sont potentiellement un effet secondaire du changement climatique », a-t-il ensuite conclu.

Bien évidemment, toutes ces hypothèses sont pour l’instant à prendre avec des pincettes, car l’étude n’est en effet basée que sur des données récoltées jusqu’en 2011. Les chercheurs poursuivent actuellement leurs investigations pour pouvoir étayer davantage leur théorie.

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