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Changement climatique : cette terre miraculeuse permet une croissance végétale exponentielle

Avec des implications pour la lutte contre la déforestation et le changement climatique

— Gustavo Frazao / Shutterstock.com

Contrastant largement avec les sols rougeâtres environnants, une terre d’un noir presque goudronneux fait des miracles en Amazonie, et pourrait également constituer une précieuse alliée dans la lutte contre le changement climatique.

Cocktail miracle

On trouve cette terra preta, ou « terre noire », à proximité des cours d’eau ou d’établissements humains disséminés dans tout le bassin amazonien. Nettement moins acide que les sols qui l’entourent, elle se révèle riche en nutriments clés (azote, potassium et phosphore), et abrite une concentration remarquable ainsi qu’une grande diversité d’organismes microbiens.

En 2023, une étude avait illustré son potentiel énorme, en montrant que les arbres y poussant affichaient une croissance six fois supérieure à ceux cultivés dans un substrat amazonien classique, et que l’ajout de 20 % de terra preta sur des sols dégradés doublait leur rendement agricole.

Pour ne rien gâcher, des expériences complémentaires ont montré qu’une même quantité de terra preta pouvait séquestrer jusqu’à cinq fois plus de carbone que les sols amazoniens typiques.

Plutôt que de prélever et d’utiliser ce « cocktail miracle » pour traiter des zones pauvres en nutriments, les auteurs de l’étude envisageaient plutôt de s’inspirer de sa composition ou de la recréer pour stimuler la croissance végétale dans le cadre de futurs projets écologiques visant à endiguer la déforestation et le changement climatique.

― Maksim Safaniuk / Shutterstock.com

Des origines pluri-millénaires

Si ses origines restent discutées, les chercheurs s’accordent généralement à dire qu’elle est le résultat de siècles d’activité humaine. Mêlant matières inorganiques (cendres, poteries, os, coquillages…) et organiques (fumier, urine et déchets alimentaires), il semble qu’elle soit « cultivée » par les communautés autochtones depuis des millénaires.

Précédemment, des travaux avaient révélé sa présence sur quatre sites archéologiques brésiliens remontant jusqu’à 5 000 ans. L’analyse d’échantillons prélevés sur les terres exploitées par les populations amazoniennes modernes suggère une pratique transmise de génération en génération.

Autre allié potentiel pour combattre la déforestation en Amazonie : l’arbre Inga.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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