Crâne fossilisé de Buriolestes — © Cabreira et al.

Si les membres de la lignée de ce minuscule prédateur du Jurassique faisaient partie des créatures les plus imposantes ayant existé sur Terre, ce dernier disposait de capacités cérébrales bien supérieures.

L’une des reconstructions cérébrales les plus précises jamais réalisées pour un dinosaure

L’évolution peut souvent être imprévisible. Il y a environ 230 millions d’années, Buriolestes schultzi, un dinosaure carnivore de la taille d’un chien, parcourait les forêts brésiliennes. Cent millions d’années plus tard, les cousins de ce petit dinosaure, tels que Diplodocus et Brachiosaurus, ont atteint une taille de plusieurs dizaines de mètres de long et pouvaient peser plus de 100 tonnes.

Pour de nombreuses lignées, la taille relative du cerveau a tendance à augmenter avec le temps, mais pas dans ce cas. Selon les paléontologues à l’origine de cette reconstruction cérébrale, considérée comme l’une des plus précises réalisées à ce jour pour un dinosaure, le cerveau de Buriolestes schultzi pesait environ 1,5 gramme. En comparaison, celui de ses cousins à quatre pattes beaucoup plus massifs n’était pas plus gros qu’une balle de tennis, c’est-à-dire bien plus petit qu’on ne l’imaginait pour leur taille.

Dans le cadre de travaux présentés dans le Journal of Anatomy, le paléontologue brésilien Rodrigo Temp Müller et ses collègues de l’Universidade Federal de Santa Maria ont procédé à la reconstruction 3D du cerveau de Buriolestes schultzi. Les chercheurs se sont appuyés sur la tomographie assistée par ordinateur (CT) pour analyser les cavités crâniennes de trois représentants de l’espèce, ce qui leur a permis de déterminer précisément la structure cérébrale de ce petit carnivore du Jurassique, considéré comme l’un des premiers dinosaures.

L’analyse a révélé un cerveau de forme primitive, à la morphologie proche de celui du crocodile. Cependant, il s’est avéré que Buriolestes disposait de structures cérébrales bien développées au niveau du cervelet, indiquant des capacités supérieures pour suivre des proies en mouvement. D’après l’équipe, la taille restreinte du bulbe olfactif suggère que l’animal utilisait davantage ses yeux que ses narines pour chasser, à l’inverse des sauropodes et autres dinosaures géants apparentés.

Un aperçu rare de l’évolution du cerveau et des systèmes sensoriels des premiers dinosaures

Chez de nombreuses espèces, un odorat développé est associé à un comportement social complexe. Sachant que les capacités olfactives jouent également un rôle important pour la recherche de nourriture, en aidant par exemple les herbivores à distinguer les plantes les plus digestes. Avec le temps, Buriolestes est passé à un régime alimentaire végétal, ce qui explique pourquoi son rapport taille-cerveau-corps a en fait diminué.

Représentation artistique du crâne et du cerveau du sauropodomorphe

Les animaux carnivores ont généralement besoin d’une plus grande puissance cognitive pour détecter leurs proies ainsi que d’autres prédateurs. Ce qui explique le rapport poids/volume cérébral plus faible de l’espèce par rapport aux sauropodes géants, qui se déplaçaient lentement. Toutefois, les chercheurs brésiliens ont déterminé que le rendement cognitif global de Buriolestes était inférieur à celui des dinosaures théropodes, ce qui suggère que le petit dinosaure n’était pas plus intelligent que le T.rex ou le Vélociraptor.

La plupart des paléontologues s’accordent à dire que notre connaissance des premiers dinosaures est insuffisante. C’est pourquoi cette étude se révèle si importante, en nous offrant un aperçu rare de l’évolution du cerveau et des systèmes sensoriels de ces créatures.

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