Ava
— © Cícero Moraes

L’emploi de techniques d’imagerie et de modélisation avancées a récemment permis de reconstituer le visage d’une jeune femme vivant dans le nord de ce qui est aujourd’hui l’Écosse, il y a près de quatre millénaires.

Reconstituer le visage d’Ava

En 1987, des ouvriers écossais avaient accidentellement mis au jour la sépulture en pierre d’une femme de l’âge du bronze lors de la construction d’une route à proximité du village d’Achavanich. Outre les ossements de la défunte, surnommée Ava, cette ciste renfermait également plusieurs objets funéraires. Notamment un gobelet en terre cuite à col court, caractéristique de la culture campaniforme (s’étant développée en Europe entre 2900 et 1900 avant notre ère), un éclat d’os de vache ainsi que des fragments de silex.

L’analyse anthropologique des restes humains, et plus particulièrement les mesures du tibia, a permis de déterminer qu’Ava avait entre 18 et 25 ans au moment de sa mort et mesurait environ 1,71 mètre, ce qui était assez grand pour une femme de l’époque.

Afin de lui redonner un visage, Cicero Moraes et ses collègues ont utilisé des tomodensitogrammes existants de son crâne, vieux d’environ 3 800 ans. Ce dernier étant dépourvu de mandibule (mâchoire inférieure), l’équipe s’est également appuyée sur les scans crâniens d’un donneur vivant.

Ava
— © Cícero Moraes

Grâce à ces différentes données et à l’application de marqueurs virtuels définissant l’épaisseur des tissus mous (tendons, muscles et peau), l’équipe a pu recréer la courbure de son visage. La reconstitution faciale a été affinée grâce à un procédé de « déformation anatomique », consistant à déformer virtuellement le crâne du donneur jusqu’à ce qu’il corresponde à celui d’Ava.

Une peau légèrement plus foncée que celle des Écossais d’aujourd’hui

Si des travaux publiés en 2016 avaient conclu que la jeune femme avait la peau claire, les cheveux blonds et les yeux bleus, une analyse approfondie réalisée deux ans plus tard suggère plutôt une chevelure sombre et des yeux marron, ainsi qu’une peau légèrement plus foncée que celle des Écossais d’aujourd’hui.

Ces derniers mois, des travaux similaires ont permis de reconstituer le visage ravagé par la syphilis d’une Islandaise du XVIe siècle, d’une Nabatéenne qui vivait il y a 2 000 ans, d’un fermier médiéval ayant connu une fin particulièrement violente et même d’un « Hobbit ».

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1 Commentaire
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JH JH
JH JH
7 mois

Une reconstitution qui ne permet pas d’être catégorique à 100 % et qui laisse une bonne place au hasard.