Humains et robots cohabitent dans Real Humans, cette série futuriste aux questions philosophiques

Real Humans, ou Äkta människor dans sa version originale, est la création suédoise qui a initié les néophytes aux créations télévisuelles nordiques. Avec un scénario fort en rebondissements et un univers développé dans un monde alternatif proche du nôtre, cette série entre polar et science-fiction a séduit le monde entier. SooGeek revient sur l’une des meilleures séries de science-fiction de l’année 2012.

 

Le 22 janvier 2012, les téléspectateurs de la chaîne suédoise SVT1 découvrent, fascinés, une toute nouvelle création originale. Son nom ? Äkta människor que l’on traduit par « Les véritables personnes ». C’est dans une version alternative de la Suède contemporaine que l’histoire se déroule. Dans ce monde proche du nôtre, l’utilisation des robots à des fins domestiques est répandue si bien que chaque foyer en est doté.
Nommés Hubots, ces androïdes sont dotés d’une beauté remarquable et d’un corps similaire au nôtre à la différence qu’ils possèdent, sur la nuque, un port USB leur permettant d’accueillir les logiciels nécessaires à leur fonctionnement, une prise sous l’aisselle leur permettant d’être rechargés et enfin, une fente pour des carte micro SD. Sans défauts apparents ils sont de plus en plus développés si bien que leur comportement finit par fortement ressembler au nôtre : ils mémorisent les souhaits de chacun pour servir au mieux leurs propriétaires.
 Un monde dans lequel les humains cohabitent avec des robots, voilà l’idée de départ d’Äkta människor dont le titre sera ensuite traduit en Real Humans lors de sa sortie dans le reste de l’Europe. « Cohabitent » ? Pas vraiment. Utilisés comme ouvriers ou domestiques, ils remplacent les hommes dans les tâches les plus difficiles. Leur soumission est telle qu’ils sont souvent utilisés, contre la loi, comme partenaires sexuels.real-humans-imageUne utopie pour certains, une monstruosité pour d’autres : très vite, la situation tourne à la catastrophe dans certaines maisons. Loin des habituels récits opposant les humains à leur création, la série revient aux origines de la science-fiction pour poser des questions originales, philosophiques. En effet, des logiciels développés par des pirates et insérés dans les robots leur permettent bientôt d’avoir des sentiments. Vous l’aurez compris, à travers Real Humans son créateur Lars Lundström pose les questions qui fâchent : ces Hubots, si semblables aux humains, doivent-ils êtres considérés et respectés comme nous ? Sont-ils seulement des objets ? Si oui, doivent-ils appartenir à quelqu’un ? Enfin, leurs souvenirs et sentiments sont-ils réels ? Ont-ils une conscience ?

Sans s’arrêter à la simple condition de robot, Lundström étend ses questionnements à celle des clones, imaginant des êtres fabriqués en usine auxquels ont intègre une mémoire d’humain et les souvenirs qui y sont liés. Les comportements des humains (les vrais cette fois-ci) sont passés à la loupe : certains acceptent volontiers de fréquenter quotidiennement des robots quand d’autres les rejettent complètement. Real Humans nous dévoile une société en transition, où l’envie d’avancées technologiques se mêle à la peur, à la méfiance.

2-real-humansEn France, c’est sur Arte que la série est diffusée et regroupe 1,3 million de téléspectateurs pour sa première saison. Encensée par la critique, elle connaîtra une seconde saison, elle aussi diffusée sur la chaîne franco-allemande. Faute d’audiences suffisantes dans son pays d’origine, la série sera annulée avant même la troisième saison. Toutefois, le succès est tel à l’étranger qu’un remake anglo-américain est créé. Les Hubots deviennent des Synths et Real Humans devient Humans sur la chaîne Channel 4 en partenariat avec Microsoft pour la première série originale de l’entreprise.

Aucune surprise à cette adaptation : la série pose des questions universelles et étudie avec minutie les conséquences des innovations technologiques sur notre monde, nos habitudes et surtout, nos peurs. On retrouve dans son scénario les influences des grands noms du genre tels qu’Asimov ou Spielberg, de quoi satisfaire les connaisseurs.

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Véritable phénomène télévisuel en Europe, la série n’aura pas suffisamment séduit son public pour s’offrir une fin digne de son nom et pourtant, il n’aura pas fallu longtemps avant que l’international se penche sur cette œuvre. Aussi bien novatrice qu’inspirée des plus grands, Real Humans est LA série à voir pour les passionnés de technologie et de philosophie. Entre science-fiction et thriller, elle a su convaincre de nombreux spectateurs et il y a fort à parier que d’autres suivront.

 


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