Zèbres, tigres, papillons… Nombreux sont les animaux qui ont des rayures et cela doit sûrement servir à quelque chose. Si l’on croit au premier abord que ce motif sert de camouflage, il existe plusieurs explications concernant ces motifs singuliers.

Des rayures pour se cacher ?

Les rayures peuvent être utiles pour diverses fonctions notamment pour rendre un animal difficile à voir. Néanmoins, cela dépend du type de rayures et de l’environnement dans lequel l’animal vit. Prenons le cas des tigres et des zèbres qui ont tous les deux des bandes, mais une étude de 1987 a affirmé que c’était pour des raisons complètement différentes. Dans cette étude, les scientifiques ont analysé les fréquences des espaces des rayures de chaque animal, c’est-à-dire le nombre de rayures présentes dans un espace donné et le contexte dans lequel elles ont été trouvées.

Les rayures des tigres étaient mathématiquement similaires à celles de leurs habitats, alors que celles des zèbres non. La conclusion était que les rayures des tigres peuvent servir de camouflage contrairement à celles des zèbres. Les rayures sur la peau des zèbres les rendent en revanche difficiles à observer. Avec ses lignes noires et blanches, il peut être difficile de distinguer l’avant et l’arrière d’un zèbre. 

Les rayures comme camouflage…

En 2017 des chercheurs ont fabriqué de faux papillons de nuit avec différents motifs et les ont épinglés. Lorsque la couleur utilisée, la fréquence et l’orientation des rayures correspondaient à la couleur du fond (olive et noir), les papillons sont moins susceptibles d’être attaqués par les oiseaux. Les scientifiques ont supposé que c’était parce que le motif n’était pas visible à distance.

Toutefois, lorsqu’ils ont utilisé des rayures dont la coloration ne correspondait pas à la couleur de fond (jaune et noir, des couleurs qui sont vues dans la nature comme un signe d’alarme), les oiseaux sont tout de suite venus attaquer les faux papillons. Les chercheurs suggèrent alors que le motif idéal pour les bandes d’avertissement est celui qui n’attire pas de loin l’attention. De cette façon, ils servent à se cacher du monde. Pour ainsi dire, les rayures servent de protection pour certains animaux.

Pour se déplacer ?

Une étude réalisée en 2019 a créé des faux insectes, puis a montré des vidéos des mantes qui mangent d’autres insectes. Les mantes avaient du mal à voir les insectes à rayures fines quand ils se déplaçaient à grande vitesse.

Le lion ne possède pas la même vision que les insectes, nous ne pouvons donc pas tout de suite imaginer s’il arrive à voir ou non les zèbres en déplacement. Tim Caro de UC Davis, qui a effectué pas mal de recherches sur les rayures zébrées pour remplir un livre, est sceptique quant à l’idée que le motif du zèbre empêche les prédateurs de le voir. En effet, les lions mangent plus de zèbres que ce à quoi on pourrait s’attendre.

Cependant, les rayures sur les zèbres pourraient produire un effet stroboscopique lorsque ces animaux effectuent un déplacement rapide. La succession des taches noires et blanches rendrait ces animaux flous. Les prédateurs auront donc du mal à distinguer leur proie potentielle.

Plusieurs théories sur les rayures du zèbre sont utilisées depuis des années. Outre le fait de se camoufler face aux prédateurs, il a été déterminé qu’elles disposent d’une fonction sociale, qu’elles gardent la tête froide et que, selon les recherches les plus récentes, elles découragent les mouches mordantes.

Qu’en est-il de la température ? 

L’idée est que le soleil réchauffe différemment les zones noires et blanches, ce qui crée un flux d’air de refroidissement entre elles. Un article de 2015 a mis en lumière que le motif de rayures zébrées semblait changer selon la région et le climat, mais une sorte de test a révélé que l’idée ne tenait pas. 

En effet, des testeurs couvraient des barils d’eau avec des peaux de chevaux, de bovins et de zèbres arborant soit des couleurs unies, soit des motifs rayés, et prenaient leurs températures à des moments différents. Ils trouvèrent que ceux qui étaient couverts par des motifs à rayures possédaient une température proche de celle d’un zèbre.

Mais une étude réalisée par Caro et ses collègues en 2014 a examiné la distribution géographique de différentes espèces de chevaux, zèbres et ânes et l’a comparée à la distribution des mouches piqueuses qui les attaquent. Leur découverte ? Plus il y a de mouches dans la région, plus il y a d’animaux à rayures. Caro a ensuite testé cela en 2019 en observant le comportement des mouches autour des chevaux et des zèbres vivant dans une ferme en Angleterre. Les mouches ont non seulement atterri moins souvent sur les zèbres, mais elles ont également atterri moins souvent sur des chevaux portant un manteau à motif zébré. 

— dangdumrong / Shutterstock.com

Si le motif est l’un des plus reconnaissables, les rayures connaissent de multiples déclinaisons que ce soit sur la peau des mammifères, des insectes ou encore des poissons. Que ce soit pour se protéger des prédateurs ou pour se camoufler, les rayures ont permis à de nombreuses espèces de survivre. Néanmoins, ce motif si particulier continue de fasciner les scientifiques, et les animaux à rayures pourraient bien nous en apprendre davantage…

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