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Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) vient de publier son dernier rapport sur l’atténuation des émissions du dioxyde de carbone. Soulignant la nécessité d’agir dès à présent, ce dernier montre que nous disposons de tous les outils nécessaires pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C.

Un défi de taille

Mis en ligne en début de semaine, le document est le dernier d’une série de trois rapports détaillant les effets d’un réchauffement planétaire ininterrompu. Publié l’an passé, le premier examinait la science physique du changement climatique et mettait en garde contre la multiplication des catastrophes naturelles telles que les inondations et les vagues de chaleur. Le second, publié en février, portait sur l’adaptation et les régions du monde les plus et les moins bien préparées pour y faire face.

Cet ultime volet examine les possibilités d’action, en soulignant la baisse des coûts des énergies solaire et éolienne, ainsi que des dispositifs permettant de les stocker. Parmi les autres signes positifs, les climatologues de l’ONU citent les politiques et les lois visant à accélérer le déploiement des énergies renouvelables, à améliorer l’efficacité énergétique et à réduire la déforestation.

Si ses auteurs voient une lueur d’espoir, ils ne se font aucune illusion sur l’urgence et l’ampleur de la tâche qui nous attend. Selon eux, pour limiter le réchauffement à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels, comme le prévoit l’accord de Paris, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devront atteindre un pic en 2025 au plus tard et être réduites de 43 % d’ici à 2030 (incluant la diminution d’environ un tiers des émissions de méthane). Les émissions de dioxyde de carbone devraient ensuite atteindre un niveau net nul vers 2050.

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Tous les secteurs concernés

Réduire cette empreinte carbone globale passera par le recours aux carburants de substitution tels que l’hydrogène et l’électrification de certaines industries, ainsi que la création de villes compactes et pensées pour la mobilité douce.

L’utilisation plus efficace des matériaux par la réutilisation et le recyclage des produits, la réduction des déchets et le développement de nouveaux processus de production pour les produits chimiques, l’acier et d’autres matériaux de construction devront également jouer un rôle. Les auteurs soulignent également la capacité de l’agriculture et de la sylviculture non seulement à réduire les émissions à grande échelle, mais aussi à éliminer et à stocker le carbone.

« C’est maintenant ou jamais, si nous voulons limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C », a déclaré Jim Skea, coprésident du groupe de travail III du GIEC. « Sans réductions immédiates et profondes des émissions dans tous les secteurs, ce sera impossible. »

Des émissions de carbone record entre 2010 et 2019

Bien que ce troisième rapport adopte un ton plus positif que les deux précédents, le GIEC rappelle également que les émissions de carbone n’ont jamais été aussi élevées qu’entre 2010 et 2019.

« Le changement climatique est le résultat de plus d’un siècle d’utilisation non durable de l’énergie et des terres, ainsi que de modes de vie et de modèles de consommation et de production inappropriés », a souligné Skea. « Ce rapport montre que le fait d’agir maintenant peut nous faire avancer vers un monde plus juste et plus durable. »

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