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Récemment, les passagères de dix vols au départ de Doha, au Qatar, avaient été forcées de subir des examens gynécologiques avant d’embarquer dans les avions. Face au scandale causé par cet évènement, le gouvernement de l’émirat a présenté ses excuses.

Un scandale retentissant dénoncé et vivement critiqué par l’Australie

Les autorités et les médias australiens ont récemment révélé que les passagères de 10 avions au départ de Doha avaient été forcées de subir des examens physiques « épouvantables » le 2 octobre dernier. Déjà embarquées dans les avions, certaines passagères ont en effet été débarquées pour subir des inspections vaginales. Cette mesure a été prise après qu’un nouveau-né a été abandonné à l’aéroport de Doha, et que ces examens visaient à savoir qui a accouché du bébé. Le gouvernement du Qatar a expliqué dans son premier récit des évènements que le bébé avait été enveloppé dans du plastique et a été laissé pour mort dans une poubelle.

Malheureusement, cette procédure invasive a été inutile puisque, jusqu’à présent, la mère du bébé n’a pu être identifiée. En plus d’avoir été inutile, cela a également été source de tension entre le Qatar et l’Australie – étant donné que 16 des femmes concernées par l’incident étaient australiennes. Les autorités australiennes ont ainsi exprimé leur indignation face à cette situation, et ont exigé des explications de la part du gouvernement qatarien. « Il s’agit d’une série d’évènements extrêmement inquiétants, choquants et préoccupants », a déclaré la ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, et son ministère attend un rapport de la part des autorités qatariennes.

L’Australie n’a pas été le seul pays à s’indigner contre cette décision malvenue des autorités du Qatar. Si les autorités françaises ne se sont pas encore exprimées face à cet incident, il faut savoir que l’une des concernées par ces examens gynécologiques forcés est française. Les autorités britanniques ont également exprimé leur mécontentement, et l’affaire a provoqué l’indignation des internautes quand les médias ont commencé à relayer l’histoire sur la toile. Le scandale est tel qu’une enquête internationale a été ouverte pour démêler cette affaire, a rapporté Channel Seven.

Le Qatar s’excuse sans toutefois reconnaître qu’il y a eu des examens gynécologiques forcés

Face au scandale, le gouvernement du Qatar a finalement décidé de présenter ses excuses. « Alors que le but de la fouille décidée d’urgence était d’empêcher les auteurs du crime horrible de s’échapper, l’État du Qatar regrette toute détresse ou violation des libertés personnelles de tout voyageur causée par cette action », ont déclaré les responsables qatariens dans un communiqué. Le communiqué informe également que la mère du bébé n’a pas encore été trouvée, mais que l’enfant est désormais en sécurité. Par ailleurs, le Qatar a également informé que les responsables de son aéroport international à l’origine de cette affaire seront poursuivis en justice, a rapporté CBS News.

Si un tel évènement est effectivement choquant, cela s’explique par la culture qatarienne. Au Qatar, comme dans une grande partie du Moyen-Orient, les relations sexuelles en dehors du mariage sont un acte criminel. « Au Qatar et dans la région du Golfe, les relations sexuelles en dehors du mariage sont criminalisées, ce qui signifie qu’une femme enceinte qui n’est pas mariée, même si la grossesse est le résultat d’un viol, peut se retrouver confrontée à une arrestation et à des poursuites », a expliqué Human Rights Watch. Il n’est donc pas rare que des travailleuses migrantes cachent leur grossesse et tentent de voyager à l’étranger pour accoucher. D’autres décident d’abandonner leurs bébés de manière anonyme pour éviter la prison.

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