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Des scientifiques britanniques ont découvert une protéine cérébrale dont la présence indique si certains types de souvenirs peuvent être ou non modifiés. Ce qui pourrait à terme contribuer à améliorer le traitement des personnes souffrant de stress post-traumatique.

Une protéine révélatrice

Les souvenirs à long terme se divisent en deux catégories : la mémoire factuelle (noms, lieux, événements…) et la mémoire instinctive (émotions et compétences). Dans le cadre de travaux présentés à l’occasion de la 34e conférence de l’European College of Neuropsychopharmacology, une équipe de l’université de Cambridge a découvert qu’une protéine particulière servait de support aux récepteurs déterminant la force de la connexion entre les différents neurones, et pouvait par conséquent permettre de déterminer si les souvenirs instinctifs pouvaient être modifiés à l’aide de propranolol, un bêtabloquant.

« Bien que nous ignorions encore si elle est directement impliquée dans l’altération de la mémoire ou si elle est le produit d’une réaction plus profonde, lorsque la protéine est dégradée, les souvenirs deviennent modifiables », expliquent les chercheurs britanniques.

En 2004, des scientifiques américains avaient réussi à traiter des animaux avec du propranolol pour les aider à oublier un traumatisme appris, mais les résultats obtenus s’étaient avérés difficiles à reproduire. Dans la nouvelle expérience, des rats ont reçu un léger choc électrique chaque fois qu’un « clic » retentissait, afin que ce bruit caractéristique génère ensuite un sentiment de peur chez les rongeurs (une forme de conditionnement pavlovien).

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« Ce sont des mécanismes vraiment complexes »

N’ayant pas constaté l’amnésie précédemment rapportée suite à l’administration de propranolol, les scientifiques se sont ensuite appuyés sur la présence de la protéine nouvellement identifiée afin de déterminer si les souvenirs des rongeurs étaient devenus instables. Ce qui n’était pas le cas.

« Ce sont des mécanismes vraiment complexes, et nous devons garder à l’esprit qu’il s’agit de travaux sur des animaux ; le cerveau des humains est similaire, mais beaucoup plus complexe », a expliqué le Dr Amy Milton, auteure principale de l’étude.

« Nous ne pensons pas que cela conduise au genre de situation que l’on voit dans les films, comme par exemple ‘Eternal Sunshine of the Spotless Mind’, où les protagonistes peuvent choisir quels souvenirs effacer », a précisé la chercheuse. « Mais nous espérons qu’avec le temps, nous serons en mesure d’identifier les facteurs qui rendent les souvenirs modifiables chez les animaux et les humains. »

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