Au lendemain de la trêve pascale annoncée par Moscou, les combats ont repris à rythme élevé. Dans ce contexte, une brigade ukrainienne affirme avoir frappé près de Novopavlivka un canon russe 2A36 Giatsint-B. Cette pièce longue portée reste rare sur ce secteur du front.

En 32 heures, la trêve de Pâques a volé en éclats et les deux camps ont aussitôt replongé dans l’accusation
Vladimir Poutine a annoncé une pause de 32 heures, du 11 avril à 16 heures au 12 avril à minuit. Volodymyr Zelensky a dit que l’Ukraine la respecterait. Pourtant, dès les premières heures, les rapports de terrain ont signalé des tirs persistants.
Ensuite, les bilans ont explosé. L’état-major ukrainien a compté 7 696 violations russes sur l’ensemble de la trêve, dont 1 355 tirs d’artillerie. Moscou a, de son côté, accusé Kyiv de multiples attaques. La pause religieuse n’a donc jamais tenu.
Près de Novopavlivka, une vidéo de brigade montre la frappe d’un Giatsint-B, un canon russe peu courant
Dans le même temps, la 25e brigade aéroportée ukrainienne a diffusé une vidéo non datée tournée près de Novopavlivka. Ses opérateurs de drones disent avoir repéré un 2A36 Giatsint-B. Puis ils affirment avoir touché ce canon rare, partiellement abrité dans une position de tir.
Le Giatsint-B n’est pas une pièce ordinaire. Ce canon tracté de 152 mm peut atteindre environ 40 kilomètres avec des projectiles assistés. Grâce à cette longue portée, il frappe loin, tout en restant hors de portée de nombreuses ripostes directes.
De plus, plusieurs observateurs le décrivent comme peu fréquent sur le terrain ukrainien. Quand une armée perd une telle pièce de contre-batterie, elle perd surtout de la profondeur de feu. Sur un front mobile, cet effet compte presque autant que la destruction elle-même.
Depuis mars 2025, l’axe de Novopavlivka pèse plus lourd car il ouvre vers Dnipropetrovsk et gêne Pokrovsk
Depuis la fin mars 2025, ce secteur compte parmi les points sensibles du front est. Les forces russes y cherchent davantage de terrain et visent une zone tampon vers Dnipropetrovsk. Kyiv, lui, tente d’y briser cet effort offensif avant l’élargissement.
Toutefois, les contre-attaques ukrainiennes dans le sud-est compliquent les plans russes autour de Pokrovsk et de Novopavlivka. Vous le voyez, détruire une arme de feu en profondeur sert deux objectifs. Cela réduit la pression immédiate, et cela limite les frappes sur l’arrière.
Après la trêve, les drones ont repris leur cadence et la guerre d’usure s’impose encore sur toute la ligne
Enfin, la fin officielle du cessez-le-feu n’a laissé aucune respiration durable. Les drones ont repris leur cadence, et les combats ont retrouvé leur niveau habituel. Sur plus de 1 200 kilomètres de front, chaque camp cherche toujours à user l’autre plus vite.
Dans cette logique, Kyiv poursuit aussi ses frappes lointaines contre des sites énergétiques russes. Ces attaques n’effacent pas la pression au sol. En revanche, elles nourrissent une guerre d’usure où l’artillerie, les drones et la logistique deviennent des cibles aussi décisives que les positions.
Au fond, l’épisode dit deux choses. Une frappe réussie contre un canon longue distance ne change pas seule une campagne. Mais elle montre la fragilité des trêves brèves et la montée d’une guerre très technique, où chaque pièce rare compte davantage qu’avant.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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