L’amas galactique SMACS 0723, ou « Champ profond de Hubble », vu par le télescope spatial James-Webb — © NASA / ESA / CSA / STScI

L’Agence spatiale américaine vient de publier les premières images officielles du télescope James-Webb, offrant un aperçu sans précédent de différentes régions du cosmos.

L’amas galactique SMACS 0723

Lancé en décembre 2021, le puissant télescope spatial James-Webb s’était déployé sans encombre début janvier et ses instruments avaient pu être finement calibrés au cours des mois suivants. Ayant subi un impact de micrométéoroïde sans conséquence fin mai, le dispositif est désormais prêt à observer le cosmos, comme le prouve son premier véritable cliché scientifique.

Constituant la vue la plus profonde et la plus nette de l’Univers lointain,
celui-ci couvre une section de l’espace (de la taille d’un grain de sable qui serait tenu à bout de bras en regardant le ciel) abritant des milliers de galaxies, dont les objets les plus faibles jamais observés dans l’infrarouge.

Pour obtenir cette image composite de l’amas galactique SMACS 0723, tel qu’il était il y a 4,6 milliards d’années, les chercheurs de la NASA se sont servis de l’instrument NIRCAM du télescope James-Webb. Couvrant différentes longueurs d’ondes du proche infrarouge, les clichés utilisés ont été capturés sur une période d’observation de 12,5 heures. À titre de comparaison, il avait fallu plusieurs semaines à Hubble pour obtenir son « champ profond », qui possédait évidemment une résolution bien moindre.

Comparaison des champs profonds des télescopes spatiaux James-Webb (à gauche) et Hubble

« Ce premier cliché est aussi spectaculaire que nous l’espérions », estime Matthew Colless, de l’université nationale australienne. « Une infime partie de l’Univers a été imagée avec plus de netteté que jamais auparavant, révélant une myriade de galaxies, dont les plus lointaines se trouvent agrandies par la ‘lentille gravitationnelle’ produite par un amas massif au premier plan, conformément à la théorie de la relativité générale d’Einstein. »

La nébuleuse de la Lyre

— © NASA / ESA / CSA / STScI

La nébuleuse de la Lyre est un nuage de poussière et de gaz entourant une étoile mourante, située à environ 2 000 années-lumière de nous et possédant un diamètre de près d’une demi-année-lumière. Les deux images visibles ci-dessus la montrent dans des longueurs d’ondes différentes de l’infrarouge (s’avérant plus longues pour celle de droite).

Le Quintette de Stephan

— © NASA / ESA / CSA / STScI

Le Quintette de Stephan (qui comporte comme son nom l’indique 5 galaxies), se trouve à environ 290 millions d’années-lumière, dans la constellation de Pégase. Si cette zone se révélant 40 milliards plus lumineuse que le Soleil avait déjà été imagée, il s’agit de sa vue la plus détaillée à ce jour ainsi que la plus grande image produite par le télescope James-Webb.

La nébuleuse de la Carène

— © NASA / ESA / CSA / STScI

Énorme nuage de gaz et d’étoiles naissantes, la nébuleuse de la Carène se trouve à environ 7 600 années-lumière, dans la constellation du même nom. D’énormes astres chauds sont visibles dans sa partie supérieure, ainsi qu’une pouponnière stellaire dans sa partie inférieure.

Le spectre lumineux de l’exoplanète WASP-96b

— © NASA / ESA / CSA / STScI

WASP-96b est une géante gazeuse située à environ 1150 années-lumière de la Terre. Sa masse est 50 % inférieure à celle de Jupiter, mais elle est beaucoup plus chaude : elle ne met 3,4 jours pour faire le tour de son étoile contre 12 ans pour Jupiter. Le fait que son atmosphère soit quasiment dépourvue de nuages facilite grandement l’examen de sa chimie.

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