Nocif pour la planète et extrêmement cruel, l’élevage de poulpes s’intensifie dans le monde

À l’heure où l’élevage des poulpes s’intensifie partout dans le monde, une équipe internationale de chercheurs tire la sonnette d’alarme et évoque les terribles répercussions de cette pratique sur le plan environnemental et éthique. Peu adaptés à la vie en captivité, ces animaux vivent un véritable calvaire.

 

L’élevage expérimental des poulpes ne cesse de s’intensifier

Il y a quelques jours, des scientifiques australiens, espagnols et américains ont signé une tribune, publiée dans la revue Issues in Science and Technology, mettant en avant les graves conséquences éthiques et écologiques de l’élevage de poulpes à grande échelle. Possédant un système nerveux très sophistiqué ainsi qu’un cerveau volumineux, ces animaux sont réputés pour leur mémoire hors-normes ainsi que leurs comportements fascinants et complexes, mais supportent très difficilement la promiscuité. Actuellement, quelques 550 espèces marines sont élevées en aquaculture dans près de 190 pays, et l’élevage expérimental de nombreuses espèces de pieuvres ne cesse de s’intensifier, notamment en Espagne, en Chine et au Japon.

Selon Jennifer Jacquet, chercheuse à l’Université de New York et auteure principale de l’article : « Nous vivons une période de domestication rapide des espèces aquatiques. Les universités et les entreprises investissent énormément de temps et d’argent dans l’élevage du poulpe, ce qui constitue à notre avis une grave erreur ». Si l’impact négatif de l’aquaculture sur l’environnement a été depuis longtemps démontré par les scientifiques (avec des rejets d’azote et de phosphore massifs contribuant à l’appauvrissement en oxygène des océans), l’élevage des poulpes pose un autre problème écologique : animaux carnivores particulièrement voraces, ceux-ci consomment quotidiennement l’équivalent de trois fois leur poids en nourriture.

 

Des problèmes éthiques et écologiques

À l’heure où la surpêche décime de nombreux écosystèmes dont dépendent des centaines de milliers de personnes à travers le monde, le développement de nouvelles fermes aquacoles à haute densité est vu d’un très mauvais œil par les scientifiques. Comme l’équipe de recherche l’a précisé dans l’article : « Environ un tiers des prises mondiales de poissons est transformé en aliments pour d’autres animaux, dont environ la moitié est destinée à l’aquaculture. L’élevage de poulpes à échelle industrielle aggraverait considérablement ce problème ». De plus, l’aquaculture de la pieuvre pose également un problème éthique : considéré comme le seul invertébré doté d’une « proto-conscience », cette dernière supporte très mal la vie en captivité.

Ces dernières années, différentes recherches ont démontré que l’élevage intensif augmentait drastiquement le taux de mortalité des poulpes, les rendait plus agressifs, et pouvait également conduire à des infections parasitaires et à une foule de problèmes digestifs. Selon les chercheurs, ces créatures intelligentes ont besoin d’être constamment stimulées en « explorant, manipulant et contrôlant leur environnement », et les fermes aquacoles ne leur offrent pas des conditions de vie décentes. Considéré comme un produit de luxe, le poulpe est majoritairement consommé dans des pays à haut revenu, comme le Japon, la Corée du Sud ou les États-Unis, où l’accès à une alimentation saine et nutritive est assuré.


Une méduse est composée de 98% d’eau

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