Les voitures sont bannies dans cette ville depuis 1999, voici le résultat

Avec la hausse récente de prix du carburants, beaucoup d’entre nous se questionnent : l’utilisation de la voiture a-t-il un avenir ? Quand on sait qu’aucune voiture ne sera parfaitement écologique, pas même l’électrique, la problématique mérite d’être posée. Pontevedra, une vile espagnole a elle déjà agi en ce sens : en centre ville, la voiture est proscrite, pour le plus grand bonheur des ses habitants.

 

Des débuts chaotiques

Pontevedra, la petite ville de 82 000 habitants du Nord Ouest de l’Espagne, fait déjà figure d’exemple dans tout le pays. La cause ? En 1999, le maire de la ville Miguel Anxo Fernandez Lopez remarque que les voitures cherchant une place sont la principale cause de circulation en centre ville. Excédé, ce maire représentant le Bloc Nationaliste galicien (un parti régionaliste de gauche) décide donc que les voitures n’ont pas à monopoliser l’espace public et adopte une mesure radicale : l’interdiction pure et simple de la voiture en centre ville.

Pour cela, il a fallu revoir les espaces publics et intégrer de grands parkings souterrains à même de contenir toutes les voitures stationnant habituellement dans la petite ville, bannir les véhicules dans la majorité des rues et limiter la vitesse à 20 km/h dans les autres.

Mais si la municipalité entendait bien créer une ville « démocratique et égalitaire », comprenant des lieux « accueillants et sûrs », la mesure fut dans un premier temps rendue très impopulaire par des habitants inquiets. « La communication fut difficile, il fallait que les habitants se sentent intégrés à la réforme et qu’ils y contribuent », a expliqué Anabel Gulias, adjointe au maire chargée du développement urbain.

Pas évident, surtout quand on sait que la région ne possède que des contraintes géographiques et historiques: Pontevedra avait été éclipsée sous la dictature franquiste au profit de sa voisine Vigo alors désignée capitale économique de la région. La petite ville encaissée dans une vallée en bord de mer, désignée lieu de passage, s’est alors retrouvée congestionnée par la circulation et particulièrement polluée.

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Une mesure radicale mais payante

Cependant, l’idée a fait du chemin et l’expérience a rapidement porté ses fruits. « Quand les gens ont vu le résultat, ils ont été convaincus », souligne Anabel Gulias. On les comprend. 19 ans après l’adoption de la mesure, la pollution a diminué de 61 % dans la ville, et aucun décès lié aux accidents de la route n’a été reporté depuis 2009.

70 % des trajets dans la ville sont désormais piétons, et 1200 nouveaux habitants ont investi la ville depuis 2009. Quant au maire de la ville, salué par le prix international ONU-Habitat et le prix européen Intermodes pour son initiative, il a été réélu quatre fois depuis la mise en place de cette mesure.

Rentable donc en économie aussi bien qu’en politique, ce modèle impressionnant devrait, on l’espère, encourager les politiques à revenir au vert en adoptant quelques mesures de ce type, coûteuses à mettre place, mais florissantes sur le long terme.


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