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Andrzej Duda, président sortant de Pologne, a été réélu de justesse dimanche dernier. Ultra-conservateur, anti-Europe, anti-LGBT, sa réélection fait toutefois l’objet de vives contestations de la part de l’opposition, qui a déposé un recours devant la Cour suprême. Il est réélu dans une Pologne morcelée et fracturée.

C’est un climat particulier qui règne sur la Pologne en ce soir d’élections. Le président sortant est donné vainqueur, toutefois les estimations de sortie des bureaux de vote donnent à son rival libéral beaucoup plus de votes que prévu. Le lendemain, les premiers résultats tombent : 51,2 % pour Andrzej Duda, 48,79 % pour Rafal Trzaskowski, sur la base de 99,7 % des bulletins de vote dépouillés. Le président sortant est donc réélu de justesse. Toutefois, l’opposition dénonce une élection ni « équitable » ni « honnête », où « l’ensemble de l’appareil d’État a enfreint la loi » en apportant son soutien à Duda. C’est pourquoi un recours a été déposé devant la Cour suprême par le parti Plateforme civique (PO, centre-droit), de l’opposition, émanant de plaintes de plus de 2 000 personnes pour irrégularités. Dès le premier tour, de nombreux votants avaient fait part de difficultés à voter par correspondance, et nombre des bulletins n’étaient pas arrivés à temps.

Andrzej Duda est réélu dans un pays morcelé et fracturé, entre une Pologne rurale et conservatrice, et une Pologne citadine et libérale. Depuis 5 ans au pouvoir, M. Duda a engagé une véritable « révolution conservatrice », axée sur le rejet de l’Union européenne (UE), ainsi que sur une vision extrêmement rétrograde des droits des personnes LGBTI+. Il s’est déclaré opposé à l’idée d’une union entre personnes de même sexe, ainsi qu’à la possibilité pour elles d’adopter des enfants, mais il était allé plus loin en déclarant que les personnes LGBTI+ ne sont pas des personnes mais une « idéologie étrangère » comparable à « une sorte de néo-bolchévisme ». Il avait également signé une charte des « valeurs familiales » afin de « protéger les enfants contre l’idéologie LGBT+ », ce qui impliquait d’interdire l’enseignement de l’inclusion des personnes LGBTI+.

Le parti Droit et justice (PiS), du président Duda, a inscrit dans son programme le refus du mariage homosexuel et du PACS. Depuis son arrivée au pouvoir, il a légiféré sur le recul des droits des personnes LGBTI+, en autorisant les commerçants à refuser de servir des personnes LGBTI+ au nom de la « liberté de conscience ». Des entités territoriales, parfois équivalentes à des régions françaises, s’étaient déclarées « libres de toute idéologie LGBT+ », en d’autres termes, sans personnes LGBTI+.

Rafal Trzaskowski, de son côté, s’était déclaré ouvert à l’idée de partenariats civils pour les couples de même sexe, même s’il est « contre l’adoption par des couples homosexuels (…) Sur ce sujet en particulier, je suis d’accord avec le président. » Il n’empêche que, malgré la victoire de M. Duda, le score de M. Trzaskowski laisse espérer un désir de renouveau parmi la population polonaise.

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