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Chaque année, le prestigieux concours d’invention James Dyson Award récompense des étudiants de niveau universitaire pour leurs créations innovantes en matière de design ou d’ingénierie. Cette année, une étudiante anglaise a réussi à transformer des déchets de poissons en plastique. Dans le contexte actuel de la surpollution des océans du monde entier, sa prouesse a de quoi susciter de vifs espoirs.

Une alternative organique et biodégradable au plastique traditionnel

Lucy Hughes est étudiante à l’université du Sussex. Son profil de recherche est la conception de produits, mais elle a usé de tout son talent pour essayer de répondre efficacement et plus “proprement” à la crise du plastique à usage unique. En même temps, elle a tout mis en œuvre afin d’éliminer les déchets dérivés créés par les industries de la pêche, très polluantes. Nos confrères du Figaro rapportaient par exemple que les équipements de pêche perdus ou abandonnés par les chalutiers représentent 70 % des déchets plastiques flottant à la surface des mers.

L’étudiante a réalisé un véritable tour de force en dévoilant un projet ultra écologique, MarinaTex. Sa création consiste en un bioplastique, qui est entièrement constitué de déchets de poissons et d’algues rouges. Jusqu’alors, ces deux composants étaient voués à l’incinération. Concrètement, le résultat du traitement de ces deux matériaux est un nouveau type de plastique, qui partagent bien des caractéristiques : il est translucide, flexible, et peut très bien servir d’emballage pour des produits industriels.

Plusieurs utilisations sont à l’étude

MarinaTex présente plusieurs avantages très intéressants : contrairement à de nombreux plastiques biodégradables actuels, celui de Hughes n’a pas besoin de la mise en place d’une infrastructure lourde et particulière de collecte des déchets pour son élimination. Également, sa biodégradation démarre au bout de quatre à six semaines. Sa production ne nécessite que très peu d’énergie, et se base sur des déchets (des peaux et des écailles de poisson), permettant ainsi d’épargner les ressources naturelles de notre planète.

L’étudiante affirme que les déchets d’une seule morue de l’Atlantique suffisent à produire environ 1400 sacs MarinaTex. Un rapport impressionnant donc, qui s’appuie sur une conception finale de ce plastique d’un nouveau genre obtenu après une centaine d’expériences menées par l’étudiante. Du côté de ses caractéristiques, le plastique se montre également solide, et résistant à un certain poids (idéal pour les sacs donc) mais peut également servir pour des emballages. C’est d’ailleurs sous ce format, un emballage de sandwiches triangles, qu’il a été présenté lors du prix James Dyson.

Pour rappel, le plastique traditionnel nécessite des températures très élevées et des combustibles fossiles pour son traitement. De plus, il est susceptible de mettre plus de 1000 ans à se décomposer. D’après ce rapport, 12,7 millions de tonnes polluent chaque année nos océans. MarinaTex, cette alternative organique et biodégradable au plastique traditionnel, a remporté le prix James Dyson édition 2019.

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