Aller au contenu principal

Principalement des enfants : découverte des plus anciennes victimes de la peste en Sibérie

Elle se serait propagée via la manipulation de peaux infectées ou la consommation de grands rongeurs

Image d’illustration — Sendo Serra / Shutterstock.com

Dans l’est de la Sibérie, l’analyse de squelettes exhumés de sites funéraires plurimillénaires ont révélé les plus anciennes traces connues de la peste, repoussant son émergence de plusieurs siècles.

Aux origines de la peste

Sévissant depuis des milliers d’années, la peste est essentiellement connue pour avoir décimé une part importante de la population européenne au XIVe siècle. Si on la traite aujourd’hui à l’aide d’antibiotiques, chaque année, des milliers de cas sont recensés dans le monde, principalement en Afrique.

Afin de retracer ses origines, Eske Willerslev, de l’université de Copenhague, et ses collègues ont examiné des ossements humains provenant de quatre cimetières proches du lac Baïkal. Les séquençages génétiques de dents ont révélé la présence de l’ADN de la bactérie Yersinia pestis, responsable de la maladie, chez 18 chasseurs-cueilleurs.

La datation au radiocarbone des squelettes a permis la mise en évidence de deux épidémies distinctes, avec des premiers cas remontant à 5 500 ans. Le scénario le plus probable étant qu’elle se soit propagée via la consommation de viande crue de grands rongeurs indigènes, ou la manipulation de peaux infectées. Toux et éternuements auraient par la suite permis sa transmission interhumaine.

Les analyses ostéologiques révèlent que la majorité des victimes étaient des enfants âgés de 8 à 11 ans, suggérant un système immunitaire moins robuste. Trois fillettes, dont deux étaient apparentées au second degré, avaient été inhumées côte à côte. La sépulture d’une tante et de son neveu ainsi qu’une fosse commune ont également été mises au jour.

Yersinia pestis

Déjà mortelle il y a des millénaires

Globalement, ces découvertes montrent que les souches largement antérieures à celle de la peste bubonique étaient tout aussi redoutables. « Elles frappaient aussi bien les groupes isolés de chasseurs-cueilleurs que les établissements humains surpeuplés », notent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature.

« Une meilleure compréhension des étapes qui ont permis à la bactérie Yersinia pestis de devenir l’agent infectieux mortel que nous connaissons aujourd’hui pourrait nous aider à prédire la trajectoire d’autres pathogènes », commente la généticienne Aida Andrades Valtueña, de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire.

L’an passé, l’ADN de la peste noire avait été exhumé d’une momie égyptienne vieille de 3 300 ans.

Par Yann Contegat, le

Source: The Independent

Étiquettes: , ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *