Papillon en Malaisie — © Dr Tim Newbold / UCL

De récentes analyses ont montré que la pression combinée du changement climatique et de l’agriculture intensive avait fait chuter de moitié le nombre d’insectes dans plusieurs régions du monde.

Des effets dramatiques

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Nature, des scientifiques de l’University College de Londres ont utilisé la base de données PREDICTS (Projecting Responses of Ecological Diversity In Changing Terrestrial Systems) afin d’évaluer l’impact du changement climatique et de l’agriculture sur plus de 17 000 espèces d’insectes, réparties sur des milliers de sites à travers le monde, au cours des deux dernières décennies.

Les chercheurs ont constaté que dans les zones combinant agriculture intensive et réchauffement important, principalement localisées au niveau des tropiques, le nombre total d’insectes (abondance) et d’espèces différentes (diversité) étaient respectivement inférieurs de 49 % et 29 %, par rapport aux habitats naturels les plus épargnés.

L’agriculture intensive se caractérise généralement par l’utilisation de produits phytosanitaires, une faible diversité de cultures, des champs de grande taille et une forte densité de bétail. Les auteurs de cette recherche prévoient que cette perte de biodiversité des insectes réduira les services écosystémiques essentiels à ce type d’industrie, en particulier la lutte contre les parasites et la pollinisation, ainsi que la résilience globale des écosystèmes face aux événements climatiques futurs.

― FranciscoMarques / Shutterstock.com

Un contraste saisissant

Ces nouvelles recherches démontrent également l’importance de disposer d’habitats naturels vastes et diversifiés à proximité des terres agricoles afin que les insectes ne soient pas dépendants d’un seul type de culture saisonnière.

Dans les zones à faible intensité agricole avec des niveaux élevés de couverture naturelle disponible (75 % en moyenne), l’abondance n’était réduite que de 7 % et la diversité de 5 %, contre respectivement 63 % et 61 % dans les endroits où les niveaux d’habitat naturel étaient nettement plus faibles (25 % de couverture).

« De tels résultats montrent que la biodiversité des insectes bénéficiera probablement de l’atténuation du changement climatique, de la préservation des habitats naturels et de la réduction de l’intensité de l’agriculture », concluent les chercheurs.

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